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"Les passagers nous mentent": à Paris, les fraudeurs prennent des taxis pour contourner le couvre-feu

De nombreux Parisiens utilisent des VTC ou des taxis pour contourner le couvre-feu de 18 heures, en espérant ne pas se faire contrôler.

"Sur dix passagers, il y en a deux qui me demandent si on se fait beaucoup contrôler." Depuis l'instauration du couvre-feu à 18 heures à Paris, de nombreux usagers profitent des VTC ou taxis pour contourner les contrôles et éviter de se faire verbaliser passée l'heure légale.

"Les passagers nous mentent souvent. Ils nous disent que c'est pour un déplacement impérieux, ils ne nous disent pas qu'ils vont à un anniversaire ou une fête mais qu'ils vont voir quelqu'un qui n'est pas bien", a confié ce chauffeur VTC à BFM Paris.

"On n'est pas des policiers, on fait notre travail, on les ramène d'un point A à un point B", ajoute-t-il. "Ce n'est pas notre travail d'épier les gens", ajoute Rémi, un chauffeur de taxi. Les chauffeurs qui sont dans l'exercice de leur travail ne risquent pas d'amende. En cas de contrôle, seuls les clients peuvent être verbalisés.

"Ils ne sont pas à l'abri"

Impossible de savoir avec précision le nombre de Parisiens utilisant des VTC ou taxis pour contourner le couvre-feu, mais selon Geoffrey Le Bon, commissaire de police, ils ne sont "pas à l'abri".

"S'ils pensent que ça leur servira, ce sera sans doute à leur détriment parce qu'ils risquent de se faire contrôler comme si ils étaient dans leur propre véhicule", résume-t-il au micro de BFM Paris.

Pour tenter d'appréhender les fraudeurs, une opération de contrôles d'attestations a été organisée ce vendredi, comme chaque semaine, sur les Champs-Elysées. Emmanuel, passager d'un taxi, a été contrôlé. "Je suis chef d'entreprise, je rentre chez moi. Je n'ai pas d'horaires, donc pas de souci", explique-t-il.

En cas de contrôle et en l'absence d'une attestation de déplacement, une amende de 135 euros peut être délivrée.

Fanny Rocher