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Essonne: des centaines de lycéens n'ont toujours pas fait leur rentrée, faute d'affectation

Le rectorat met en avant des problèmes de recrutement de professeurs et un manque de place dans le secteur.

La rentrée scolaire a eu lieu il y a désormais plus de 15 jours dans tous les lycées de France. Pourtant, plusieurs adolescents habitant l'Essonne ne vont toujours pas en cours.

Pour le moment, ils n'ont reçu aucune une affectation adaptée à leur cursus dans le secteur, faute de place. Une situation qui touche plusieurs communes du département et qui met en colère les parents des élèves concernés. À Corbeil-Essonnes, la fille de Yacoub Zenguine devait rentrer cette année en classe de première STMG mais n'a pas obtenu de place.

"Ce qu'on me propose, c'est Savigny-sur-Orge donc c'est encore plus mal desservi, on m'a proposé aussi un redoublement", témoigne-t-il au micro de BFM Paris-Ile-de-France.

Les parents interrogés déplorent également un manque d'accompagnement et de communication pour permettre aux familles de résoudre ce problème. "Tous les mails que j'ai envoyés sont restés sans réponse, tous les appels téléphoniques, personne (...) J'ai plus de nouvelles de l'inspection académique de l'Essonne", déplore un parent.

Au total, ce sont près de 900 adolescents qui sont dans une situation similaire dans le département francilien, dont une soixantaine à Corbeil-Essonnes. Ce problème touche principalement la filière professionnelle.

Des parents portent plainte

Pour expliquer ces dysfonctionnements, le rectorat met en avant un manque de places et de professeurs, qui n'est pourtant pas récent, selon la députée de l'Essonne Farida Amrani.

"Ça fait des années qu'on se bat en disant 'il nous faut un lycée supplémentaire, il nous faut des moyens supplémentaires'", appelle-t-elle au micro de BFM Paris-Ile-de-France.

Quelques jours après la rentrée, une manifestation avait rassemblé des dizaines de personnes dont plusieurs élus, pour protester contre ces problèmes d'affectation. De son côté, la mairie de Corbeil-Essonnes a choisi d'accompagner les parents dans leurs démarches.

Une vingtaine d'entre eux, soutenus également par la députée Farida Amrani, ont décidé de porter plainte contre le rectorat pour non-respect du droit à l'éducation.

"La politique mise en œuvre fait obstacle à l'obligation de scolarisation prévue par le code de l'Éducation", explique Jean-Louis Péru avocat en droit administratif, interrogé par BFM Paris-Ile-de-France.

Une réunion s'est tenue jeudi dernier à l'inspection académique d'Evry avec les différentes parties pour trouver des solutions. Une quarantaine d'élèves devraient enfin pouvoir faire leur rentrée grâce notamment à une augmentation des effectifs dans certaines classes. De nouvelles propositions d'affectation devraient être faites prochainement.

Le rectorat affirme par ailleurs que l'équivalent de 2,5 classes a été créé en seconde professionnelle dans des formations en tension.

Maëva Lamy, William Helle et Gauthier Hartmann