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Crack à Paris: un mur construit pour empêcher l'accès à un tunnel aux toxicomanes évacués

Ce vendredi, 130 consommateurs de cracks ont été évacués du quartier des jardins d'Eole, dans le nord-est de Paris. Ils ont été amenés près de porte de Villette, "dans un secteur sans riverains", selon la préfecture.

Les autorités ont lancé la construction d'un mur après l'évacuation de 130 toxicomanes ce vendredi du quartier des jardins d'Eole, à Paris. Il doit permettre d'empêcher la circulation et le stationnement des personnes dans le tunnel du passage Forceval, situé sous le périphérique, confirme une source policière à BFMTV.

"Est-ce que c'est digne d'une démocratie?"

La construction de ce mur a été diligentée par la préfecture de police. Si cette mesure se veut temporaire, elle est décrite comme un accompagnement nécessaire pour protéger les habitants de Pantin et éviter tout occupation du tunnel, selon nos informations.

"Je n'ai même pas de mots pour qualifier cet acte. Ce fait de transférer dans des bus des malades, pas pour les mettre à l'abri, pas pour les soigner, mais pour les parquer dans un endroit où on mure l'espace qui les séparent des habitants... Est-ce que c'est digne d'une démocratie? Je n'ai jamais vu ça", s'est indigné Anne Souyris, adjointe EELV à la mairie de Paris, en charge de la Santé publique.

Les responsables politiques d'Aubervilliers et de Pantin, villes voisines de la porte de la Villette, ont également fait part de leur opposition à ce mur, le maire de Pantin affirmant même qu'il était inutile.

"Ça ne sert à rien, si les toxicomanes veulent rentrer dans Pantin, il suffit de contourner ce mur et de passer par la porte de la Villette", a expliqué le maire de la ville, Bertrand Kern sur BFMTV.

"Ça nous fait penser au mur de Berlin"

L'adjointe au maire d'Aubervilliers en charge de la sécurité, Ling Lenzi a parlé elle, d'"une image choquante".

"Ça nous fait penser au mur de Berlin, ça nous fait penser à une barricade qui sépare Paris de la Seine-Saint-Denis. C'est inadmissible, c'est une honte pour la France", s'est révoltée l'élue.

Celle-ci a rappelé que les consommateurs de crack sont avant tout des "êtres humains". L'adjointe au maire a affirmé que ces personnes ont besoin d'être soignées afin de leur apporter une vraie aide.

Ce vendredi, 130 consommateurs de crack ont été évacués du nord-est parisien. Ils ont été regroupés au niveau de porte de la Villette, "dans un secteur sans riverains aux abords immédiats", selon la préfecture de police.

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions