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Commémorations du 13-Novembre: les rescapés "frustrés de ne pas pouvoir se réunir"

La crise sanitaire perturbe grandement les commémorations du 5e anniversaire des attentats de Paris et de Saint-Denis. Certains survivants craignent de se sentir seuls en ce jour si particulier.

Ce vendredi 13 novembre 2020 devait être une journée consacrée à la mémoire et au recueillement, cinq ans après les attentats de Paris et Saint-Denis qui ont fait 131 victimes et plus de 400 blessés. La crise sanitaire a changé la donne pour ce cinquième anniversaire. L'épidémie de coronavirus et le confinement contraignent les rescapés des attentats à commémorer différemment. Non sans une pointe d'amertume.

"On comprend absolument les raisons pour lesquelles on ne peut pas se réunir cette année", reconnaît Olivier Laplaud, vice-président de l'association Life for Paris et invité ce vendredi de BFM Paris. C'est néanmoins "extrêmement frustrant de ne pas pouvoir se réunir."

Car outre les commémorations officielles, en présence d'élus, l'association organise habituellement ses propres réunions. Olivier Laplaud: "C'est à chaque fois un grand moment de partage, où on rit et pleure ensemble, où on peut s'embrasser, se prendre dans les bras, parler du passé, parler de l'avenir".

"Je me tâte à aller au Bataclan tout seul"

Cérémonies en petit comité à proximité des lieux des attentats, apéritifs à distance, diffusion d'un concert à la Philarmonie de Paris et du groupe américain Queens of the Stone Age: les associations ont œuvré pour proposer des alternatives aux rescapés.

La peur de la solitude reste néanmoins bien présente chez certains d'entre eux. "Je me sens moins bien que je l'aurais souhaité parce que j'attendais beaucoup les cinq ans", concède Christophe Naudin, présent au Bataclan le 13 novembre 2015.

"Maux de tête, fatigue, stress, etc: je les ai encore cette année mais de façon plus intense. Je crains avoir un contrecoup, ne pas pouvoir commémorer. Pour nous, ça sert vraiment à se retrouver. Je me tâte quand même à aller au Bataclan tout seul l'après-midi. Ma compagne va travailler. Je ne peux pas aller voir ma mère à cause du confinement. Tourner tout seul chez moi, ça va être bizarre", imagine-t-il.

L'association Life for Paris prévoit d'organiser des commémorations en bonne et due forme quand la situation le permettra.

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions