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Affaire Matzneff: Christophe Girard décide de quitter son poste d'adjoint à la mairie de Paris

Anne Hidalgo et son adjoint à la Culture Christophe Girard.

Anne Hidalgo et son adjoint à la Culture Christophe Girard. - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

L'adjoint d'Anne Hidalgo en charge de la Culture faisait l'objet d'une demande de suspension de ses fonctions émanant d'élus écologistes de la majorité, en raison de ses liens avec l'écrivain, accusé de pédophilie.

Mercredi encore, Anne Hidalgo renouvelait sa confiance à Christophe Girard, son adjoint à la Culture. Ce dernier, visé par une demande de suspension par une partie des élus écologistes du Conseil municipal, annonce ce jeudi à l'Agence France Presse qu'il quitte son poste.

Différents élus lui reprochent ses "liens" avec l'écrivain Gabriel Matzneff, accusé de pédophilie, tandis qu'une enquête pour "viols sur mineurs" a été ouverte. Christophe Girard a été entendu comme témoin dans l'affaire "mais n'est visé par aucune plainte", insistait mercredi Anne Hidalgo. L'édile considérait même cette affaire comme un "non-sujet".

"J'ai 64 ans, une vie de famille épanouie et de nombreux engagements culturels, politique et associatifs, et n'ai nullement envie de pourrir ma vie plus longtemps et de m'emmerder à me justifier en permanence pour quelque chose qui n'existe pas", écrit Christophe Girard dans un communiqué.

Anne Hidalgo se dit "écœurée"

La maire de Paris Anne Hidalgo, amère, a réagi sur Twitter ce jeudi soir. Elle se dit "écœurée" après cette décision et s'inquiète de vivre dans une "démocratie où le droit est piétiné par la rumeur, les amalgames et les soupçons". Et réaffirme une nouvelle fois son "soutien" à son "ami".

De leur côté, les élus écologistes de Paris affirment qu'"au regard de la situation, qui devenait politiquement intenable, Christophe Girard a pris la meilleure décision pour protéger la ville et l'exécutif".

"Le monde d'aujourd'hui n'est plus le monde d'hier, au regard de l'ampleur des luttes féministes et à l'heure de la libération de la parole des femmes et des enfants, les citoyen.ne.s attendent de leurs responsables politiques de l'exemplarité. Cette décision personnelle était la seule décision responsable", ajoutent-ils.

Christophe Girard maintient sa plainte pour diffamation

L'élu du XVIIIe arrondissement, qui reste conseiller de Paris, affirme une nouvelle fois soutenir "plus que jamais la lutte contre les discriminations, le racisme, l'antisémitisme, la misogynie, l'homophobie et la misandrie". Il précise par ailleurs maintenir sa plainte pour diffamation.

Depuis plusieurs jours, et dans un courrier adressé à Anne Hidalgo, des élus écologistes et des féministes demandaient sa suspension au poste d'adjoint et l'ouverture d'une enquête interne à la Ville de Paris, estimant que Christophe Girard devait s'expliquer sur ses liens et agissements auprès de Gabriel Matzneff.

"Déni à la mairie de Paris", "Girard Démission", "Anne t'es sérieuse?": armés de pancartes et de slogans, plusieurs dizaines de militants et élus ont manifesté sous les fenêtres de l'Hôtel de Ville où se tenait le premier conseil de Paris de la mandature.

"Il ne suffit pas d'avoir un casier judiciaire vierge pour être adjoint à la mairie de Paris, il faut aussi des qualités éthiques et morales, le soutien à Gabriel Matzneff disqualifie Christophe Girard pour ce genre de responsabilités", a déclaré lors de ce rassemblement l'élue écologiste Raphaëlle Rémy-Leleu.

Une enquête ouverte pour "viols sur mineurs"

Les enquêteurs ont interrogé en mars Christophe Girard, secrétaire général de la Maison Yves-Saint Laurent entre 1986 et 1987, structure qui a apporté un soutien financier à l'écrivain Gabriel Matzneff dans les années 80, selon plusieurs récits.

L'écrivain est visé par une enquête pour "viols sur mineurs" ouverte par le parquet de Paris après la publication en janvier du roman autobiographique de Vanessa Springora dans lequel elle décrit la relation sous emprise qu'elle a entretenue lorsqu'elle était mineure avec l'écrivain.

"Trois ans après MeToo, après la discussion publique provoquée par la publication de l'ouvrage 'Le Consentement' de Vanessa Springora, quelques mois après la terrible cérémonie des César, quelques jours après la nomination d'un ministre faisant l'objet d'une instruction pour viol et harcèlement sexuel, la Mairie de Paris ne peut pas, ne doit pas, prendre une position hostile aux revendications féministes. Il en va de notre cohérence politique", écrivent les élus écologistes.

Florian Bouhot avec AFP Journaliste BFM Régions