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Taranis et Belenos, les supercalculateurs qui vont révolutionner les prévisions de Météo France

Vue du site toulousain de Météo France.

Vue du site toulousain de Météo France. - Fred Scheiber

La semaine dernière, Météo France a inauguré Belenos et Taranis, ses deux nouveaux supercalculateurs. L'institut météorologique en attend une plus grande précision dans les prévisions de phénomènes dangereux, et une vision plus fine du changement climatique.

Deux supercalculateurs, à disposition et opérationnels depuis la semaine dernière. Météo France s'est offert un précieux cadeau à l'orée de l'été. Les deux machines ont été baptisées pour l'une Belenos, dieu gaulois plus tard associé à Apollon, et pour l'autre Taranis, dieu du Ciel des Celtes.

Pour ce qui est de leur aspect physique, il faut imaginer les immenses ordinateurs des grands débuts de l'ère informatique: deux rangées d'armoires d'une douzaine de mètres de long sur deux de haut, remplies de processeurs et de serveurs, comme l'a décrit ici LCI.

Elles sont surtout chargées d'une mission précise. L'idée est en effet pour l'institut météorologique de se servir d'elles pour améliorer ses prévisions, tout particulièrement celles des phénomènes dangereux. L'enjeu est d'autant plus important que ceux-ci surviennent plus fréquemment à cause du dérèglement climatique.

21 millions de milliards d'opérations par seconde

La PDG de Météo France, Virginie Schwartz, a détaillé la feuille de route de Belenos et Taranis sur le site de l'organisme.

"(Leur) puissance de calcul nous permet de généraliser, en opérationnel, le passage à la prévision probabiliste ou prévision d’ensemble, c’est-à-dire de fournir à nos prévisionnistes plusieurs scénarios à des échelles plus fines, y compris outre-mer", a-t-elle expliqué jeudi dernier.

Météo France en escompte ainsi un gain de temps de 2h sur ses alertes, comme le précise LCI. En terme de précision, le bénéfice est aussi nettement mesurable: la finesse de prévision approche le kilomètre, quand les précédents outils permettaient "seulement" de prédire la météo dans un rayon de 2,5km. Soit un niveau de précision près de 30 fois supérieur à celui d'il y a 30 ans.

Il faut dire que les facultés de Taranis et Belenos laissent le cerveau humain rêveur: ils sont capables de réaliser jusqu'à 21 millions de milliards d'opérations par seconde.

144 millions d'euros

Les deux engins sont l'oeuvre de la société Atos Bull Sequena, sise à Angers, mais c'est à Météopole, l'école nationale de météorologie de Toulouse, qu'ils ont été inaugurés. Côté budget, l'addition est salée: 144 millions d'euros tout compris - 55 millions pour les ordinateurs eux-mêmes, le reste passant dans les travaux rendus nécessaires, note Le Figaro.

Mais ces deux supercalculateurs - Belenos étant essentiellement chargé de la prévision proprement dite et Taranis de la recherche - se placent "au troisième rang mondial des offices de météorologie, derrière les États-Unis et la Grande-Bretagne", a justifié Alain Beuraud, directeur des projets à la stratégie de Météo France auprès du quotidien. "Un supercalculateur est rentable pour la société car une meilleure prévision contribue à réduire les conséquences d'un phénomène météorologique sévère et à optimiser quantité d'activités météo-sensibles. Une étude de 2016 avait montré que pour 1€ investi dans les calculateurs de Météo-France, le gain pour la société était de 12 €", a fait valoir, quant à elle, Virginie Schwartz.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV