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Lente décrue du Rhin, mais la situation de la Seine reste préoccupante

Les cumuls de précipitations très importants engendrent crues et inondations dans de nombreux départements. Si une lente décrue du Rhin s'amorce, la Seine continuera à monter jusqu'à ce week-end.

Dans bien des endroits en France, rivières et fleuves débordent. Les crues et les inondations menacent toujours mercredi une partie de la France où 23 départements sont encore en vigilance orange crues et inondations. Les niveaux de certains fleuves comme la Seine continuent de monter dangereusement. Conséquences, la ligne sur RER C est ainsi partiellement fermée jusqu'à vendredi.

A l'origine de ce phénomène national, des précipitations importantes, tombées sur des sols gorgés d'eau. La France a vécu le 2e bimestre décembre-janvier le plus pluvieux depuis le début des relevés en 1900, selon Météo France. Ce phénomène est malgré tout "relativement classique pour l'hiver. Mais son étendue lui donne un caractère exceptionnel", note Marc Mortureux, directeur de la prévention des risques au ministère de la Transition écologique.

"Des cumuls de pluies sont prévus jusqu'à mercredi soir. Les crues en cours vont donc poursuivre leur propagation durant les prochains jours en générant d'importants débordements sur de nombreux cours d'eau du nord et de l'est du pays", annonce Vigicrues, dans son dernier bulletin publié mercredi matin. 

Des pluies venues de la Manche sont de nouveau attendues jeudi, qui "vont contrarier la décrue" mais "pas suffisantes" cependant pour générer de nouvelles ondes de crues, note Vigicrues.

Une crue "modérée" est en cours sur le Rhône en aval de Lyon.

Timide décrue du Rhin

Dans le Nord-Est, "les niveaux demeurent élevés sur de nombreux cours d'eau, en particulier sur la Meuse et le Rhin".

Dans l'Est, le pic de crue du Rhin "a été atteint à 18 heures" mardi a indiqué la préfecture du Bas-Rhin, qui a souligné que la décision de remplir un polder de 600 ha avait "fait son oeuvre en arrêtant la crue". 

"La décrue s'amorce doucement, même si les niveaux d'eau restent très élevés", a-t-elle ajouté. La navigation sur le fleuve, arrêtée mardi, a pu reprendre sur "certains tronçons très minoritaires en contrebas, mais les conditions restent difficiles pour la navigation", a-t-elle précisé.

En vigilance rouge lundi après les débordements des rivières Loue et Doubs, Montbéliard a atteint son pic de crue. Ce devait être aussi le cas à Besançon dans la nuit.

Pas de transports scolaires dans le Jura

Dans le Jura, en raison de craintes d'inondations et de "quelques mouvements de terrain", les transports scolaires ne circuleront pas dans douze communes du département mercredi où écoles et collèges seront fermés.

Appels à la prudence

Des "débordements importants" étaient d'ailleurs en cours mardi soir notamment en amont de la Marne et sur l'Yonne, selon Vigicrues, qui scrute 22.000 km de cours d'eau - opération complexe réalisée grâce à des "échelles relatives", dont la plus célèbre installée au pont d'Austerlitz.

"La situation est sérieuse mais il n'y a pas lieu de s'angoisser aujourd'hui outre mesure", a commenté mardi la secrétaire d'Etat à la Transition écologique Brune Poirson, tandis que son collègue Sébastien Lecornu appelait à la "prudence".

Tout comme la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui a réuni mardi la "cellule de crise" de la Ville, avec les opérateurs concernés (Enedis, GRDF, Eau de Paris, RATP, SNCF, etc). "Nous restons extrêmement vigilants", a-t-elle déclaré.

La Marne sous étroite surveillance

En revanche, les prévisionnistes regardaient de près l'évolution de la Marne mercredi. "En aval de la confluence avec la Marne, les hauteurs seront comparables à 2016", prévient Joël Hoffman, directeur adjoint de Vigicrues. "On surveille la partie Yonne aval, Joigny, Pont-sur-Marne..." 

En revanche, "l'eau monte sur Melun, Villeneuve-Saint-Georges, mais à des hauteurs inférieures à 2016".

Les musées parisiens en vigilance

La crue de la Seine dans la capitale pourrait atteindre ou légèrement dépasser d'ici à la fin de la semaine le pic de 6,10 m de 2016, en fonction des précipitations, selon divers services de l'Etat. 

Le Louvre, qui comme Orsay en 2016 avait dû mettre ses réserves à l'abri, s'est dit "très vigilant": "Nous déclenchons notre plan de prévention des risques de crue lorsque la Seine atteint 5,08 m".

David Namias avec AFP