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La moitié des orques de la planète risquent de disparaître à cause de la pollution des océans

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La moitié des orques pourraient ainsi avoir complètement disparu dans 30 ou 40 ans.

Plus de la moitié des orques dans le monde sont menacés d'extinction révèle une nouvelle étude publiée dans le journal Science et relayée par The Guardian. Le principal responsable: les PCB, aussi appelés polychlorobiphényles, des substances toxiques longtemps utilisées dans l'huile, le plastique ou encore la peinture. 

En 2001, 152 pays ont signé un accord pour arrêter d'utiliser ces PCB, prenant conscience des effets néfastes sur l'environnement. Pourtant, ces derniers sont encore présents notamment dans les océans. Et les orques en sont les premières victimes. Pour cause, en tant que grands prédateurs, ils mangent d'autres poissons qui possèdent une grosse concentration de PCB dans leur organisme. 

Cela entraîne des malformations de leurs organes reproducteurs et mettent à mal leur système immunitaire. Selon l'étude, dans les régions industrialisées, les orques pourraient ainsi complètement disparaître d'ici 30 à 50 ans. 

"Une apocalypse pour les orques"

"C'est l'apocalypse pour les orques", a déclaré Paul Jepson de la Zoological Society of London, membre de l'équipe de recherche internationale à l'origine de cette nouvelle étude. "Même dans des océans en bonne santé, les orques se reproduisent très lentement. Les orques en bonne santé ont besoin de 20 ans pour atteindre leur maturité sexuelle et de 18 mois pour porter un petit." 

Alors que les orques étaient initialement présents dans presque tous les océans, ils ont déjà disparu de la Mer du Nord et des eaux espagnoles. On ne voit par ailleurs plus de bébés orques dans les zones les plus polluées depuis plusieurs années. "Les populations d'orques au Japon, au Brésil, dans le Nord-Est du Pacifique, dans le Détroit de Gibraltar et au Royaume-Uni tendent à disparaître", ont-il conclu. A présent, les orques se trouvent principalement dans le Nord, à proximité de la Norvège, de l'Islande et du Canada, c'est à dire loin des zones les plus polluées en PCB. 

"Notre échec à contrôler les polluants qui terminent dans nos océans a provoqué une tuerie à grande échelle", a déploré Lucy Babey, directrice du groupe Orca. "Notre seul espoir c'est qu'effectivement, nous perdions toutes les populations d'orques dans les zones industrialisées, mais que les populations de l'Arctique subsistent et empêchent la disparition complètement de l'espèce", conclut Paul Jepson.

Cyrielle Cabot