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Climat: le deuxième plus grand lac de Bolivie a disparu

Considéré comme le deuxième plus grand lac de Bolivie, le lac Poopó situé dans les hauteurs de l’Ouest du pays est aujourd’hui complètement à sec. En cause: l'absence de précipitations et la négligence des exploitations minières environnantes.

Une vaste étendue déserte. Des milliers de kilomètres carrés d’argile craquelée. Voilà ce qu’est devenue la deuxième plus grande étendue d’eau de Bolivie. Complètement asséché, le lac Poopó a aujourd’hui presque totalement disparu. Près de 98% de sa surface s’est évaporée en l’espace de 25 ans.

Évolution sur 24 ans du lac Poopó en Bolivie.
Évolution sur 24 ans du lac Poopó en Bolivie. © Google Earth

"La principale cause de cette catastrophe est l'attitude et l'irresponsabilité des pays industrialisés qui polluent 365 jours par an", dénonce Victor Hugo Vazquez, le gouverneur d’Oruro.

Victime du réchauffement climatique, ce lac salin n’a également pas résisté aux diverses négligences industrielles, notamment à la pollution des exploitations minières environnantes. Le manque de précipitations n’a rien arrangé.

"Le lac s’est tarit dès 2014. Il n'y a pas de pluie. Nous sommes là, sans emploi, sans source de revenus", témoigne Abraham Quispe, un pêcheur local.

Plusieurs victimes

Avec cet asséchement, l’écosystème local s’est totalement déséquilibré: plusieurs millions de poissons et 500 oiseaux sont morts. Tout comme l’activité économique, comme le soulignait le pêcheur. Dans la zone, on en dénombrait 150. Eux, ont assisté à la disparition du lac. Ils déplorent aujourd’hui la perte d’une tradition.

"La pêche est notre culture, la façon dont nous gagnons notre vie. Mais nos enfants et nos neveux ont migré. Tout comme nos parents et nos frères car il n’y a plus moyen de s’en sortir ici", regrette Valerio Rojas, un pêcheur désarmé.

De son côté, le gouvernement a promis de débloquer des fonds d’urgence pour venir en aide aux familles qui vivaient de la pêche.

Phénomène similaire dans le passé

Le lac Poopó a déjà connu un niveau très bas en 1984, 1990 et 2000. Mais, la situation est encore plus sérieuse aujourd'hui. Situé à 3.700 mètres d’altitude, il a été pendant longtemps le deuxième plus grand lac de Bolivie, juste après le Titicaca.

Un triste constat qui intervient au moment où l’année 2015 est sacrée la plus chaude sur le globe depuis les relevés de températures.

Les catastrophes naturelles se multiplient partout sur Terre à cause des troubles environnementaux. Depuis novembre, l’Australie connaît pour sa part une multiplication des feux de forêt. La faute, là aussi, à un climat plus sec et plus chaud.

P. P. avec Anne-Sophie Warmont