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Après la chaleur du début du mois, des records de fraîcheur dans plusieurs villes en septembre

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Photo d'illustration - Julien Tallis

Tandis que jusqu'au milieu du mois du septembre les températures ont largement dépassé les normales de saison, le week-end dernier a vu le mercure plonger bien en-deçà de ses habitudes pour cette période de l'année.

Septembre 2020 laissera pour le moins un souvenir ambivalent aux Français. Météo France a souligné lundi qu'après avoir enregistré des records de chaleur pour cette période de l'année, l'Hexagone a connu ce week-end des records de fraîcheur.

Une bascule soudaine

Selon Gaétan Heymes, ingénieur et prévisionniste à Météo France, 40% des stations ont établi un nouveau record mensuel de chaleur entre les 13 et 16 septembre. L'indicateur national de température maximale agrégée, mis au point en 1947, a pointé un plafond de 33,4°C le 14 septembre, dix degrés au-dessus des normales de saison.

C'est vendredi dernier que le renversement a commencé à s'opérer et depuis, près d'un quart des stations ont connu leurs maximales basses. Pour samedi et dimanche, on relève des valeurs similaires (avec des pointes basses à peine supérieures à 14°C dans les deux cas, 6,6°C en-dessous des normales cette fois). En douze jours, l'indicateur national a ainsi perdu 19,1°C.

De mémoire du spécialiste, une telle amplitude thermique ne s'est vue qu'une fois sur le territoire. En janvier 1987, on était passé, en un même lieu, de 13,8°C à -6,4°C le 12. Si une telle chute est donc quasi inédite, il faut noter que le jour de septembre le plus froid, d'après ce registre, remonte encore au 30 septembre 1974, avec 14°C.

Effet chaud-froid

Ce contraste a bien sûr favorisé des situations atypiques. Plusieurs stations sont ainsi parvenues successivement à de nouveaux records de chaleur puis de fraîcheur pour ce même mois de septembre.

Deux exemples saillants, tirés par Gaétan Heymes des villes où l'on examine les maximales depuis le plus longtemps, sont fournis par Nancy (où l'on tient ces comptes depuis 1927) et Bourges (depuis 1945). Ainsi, la cité lorraine est passée de 34,4°C le 15 septembre à 9,5°C samedi. Sur les bords du Cher, les 35,4°C du 14 ont été réduits à 11°C le 27.

La neige en avance

A ces écarts de températures s'ajoutent des chutes de neiges importantes, d'une exceptionnelle précocité pour la saison, dans les Pyrénées, le Jura et surtout dans les Alpes du Nord. Dans ce massif, plusieurs records mensuels ont là encore été mesurés. On a mesuré 39 cm dans la station savoyarde des Aiguilles rouges. En Haute-Savoie, on note même un volume supérieur, du côté de Bonneval, avec 41 cm. On distingue encore des records à Rochilles et ses 34 cm, ou encore à Chevril et ses 29 cm.

Dans les Pyrénées, on s'est donc également constitué un confortable tapis neigeux, avec 30 cm fréquemment constatés autour de 1800 et 10 à 15 cm 300 mètres en contrebas. On n'avait pas vu de tels seuils aussi tôt en 25 ans.

Il ne faut pas s'attendre cependant à un mois de septembre plus froid qu'à l'habitude. Ainsi, comme le signale Gaétan Heymes, en cumulant toutes les données du mois, les estimations indiquent un septembre 2020 excédant les normales de saison de 1,7°C. Si l'on considère la litanie des mois successifs flashés au-dessus de celles-ci, la série apparaît d'ailleurs ininterrompue depuis juin 2019, seize mois en arrière.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV