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Un navire avec 230 migrants bloqué en Méditerranée à la veille du mini-sommet de crise

Le Lifeline, un navire humanitaire avec 230 migrants à bord, le 22 juin 2018

Le Lifeline, un navire humanitaire avec 230 migrants à bord, le 22 juin 2018 - Hermine POSCHMANN / Mission Lifeline / AFP

Le Lifeline, un navire humanitaire menacé de mise sous séquestre par l'Italie, attendait samedi dans les eaux internationales une solution diplomatique et un approvisionnement pour les 230 migrants à bord, à la veille d'un mini-sommet européen consacré à la crise migratoire.

Après l'odyssée de l'Aquarius et de ses 629 migrants, à qui Malte et l'Italie ont refusé d'accoster et finalement accueilli par l'Espagne, le Lifeline est en passe de devenir un nouveau symbole du bras de fer entre pays européens sur la prise en charge des migrants secourus en Méditerranée. Ce navire humanitaire, avec plus de 230 migrants à bord, était bloqué ce samedi dans les eaux internationales au large de Malte.

Trois semaines après l'entrée en fonction d'un gouvernement populiste qui a promis de mettre fin à l'afflux de migrants, l'Italie a exclu de laisser le navire entrer dans un port italien et a dit vouloir vérifier la correspondance entre le pavillon néerlandais du bateau et sa nationalité.

"Le Lifeline, un navire illégal avec 239 immigrants à bord, est dans les eaux maltaises", a écrit sur Facebook le ministre de l'Intérieur italien et chef de file de la Ligue (extrême droite), Matteo Salvini. "Rejoindre l'Italie, ils peuvent oublier. Je veux en finir avec le business du trafic et la mafia".

"Nous attendons une solution diplomatique, des discussions sont en cours entre différents Etats" pour accueillir le Lifeline et les naufragés, a quant à lui affirmé Axel Steier, représentant en Allemagne de l'ONG allemande Lifeline à qui appartient le navire. Il doit y avoir dimanche un ravitaillement depuis Malte "pour apporter des couvertures, des médicaments, de la nourriture", a-t-il ajouté, assurant que le navire resterait dans les eaux internationales en attendant une solution.

Rome accuse l'ONG d'avoir agi en contravention du droit international en prenant à son bord les migrants alors que les garde-côtes libyens étaient en train d'intervenir. Elle a menacé de mettre sous séquestre le navire ainsi qu'un autre bateau, le Seefuchs, affrété par l'ONG allemande Sea-Eye. "Le Lifeline a enfreint les règles en ignorant les instructions de l'Italie", a de son côté estimé sur Twitter le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, conseillant au navire de revenir à "sa destination initiale pour éviter une escalade".

Me.R. avec AFP