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Un musée propose à Trump des toilettes en or à la place d'un Van Gogh

La Maison Blanche avait demandé au musée Guggenheim de New York le prêt d'un tableau de Vincent Van Gogh pour décorer les appartements du président Donald Trump et de son épouse, rapporte ce jeudi la presse américaine. En septembre dernier, la conservatrice en chef de l'institution a refusé, proposant à la place une œuvre des plus conceptuelles: des toilettes en or massif.

Il y a quelques mois, pour décorer les appartements privés de Donald et Melania Trump à la Maison Blanche, la présidence américaine avait sollicité auprès du prestigieux musée Guggenheim de New York le prêt du non moins prestigieux tableau de Vincent Van Gogh, Paysage enneigé, raconte ce jeudi le Washington Post.

Mais en retour, le 15 septembre, Nancy Spector, conservatrice en chef de l'institution artistique et qui n'a pas fait mystère de son peu de goût pour Donald Trump, se fendait d'un mail expliquant que le tableau appartenait à la collection Tannhauser, dont les pièces ne peuvent voyager qu'en de très grandes occasions. Or, il devait justement être prêté au musée jumeau de Bilbao, en Espagne. Mais, en lieu et place, et selon la volonté de l'artiste lui-même, elle a proposé le prêt "à long terme" d'une "merveilleuse œuvre": America, de l'Italien Maurizio Cattelan. 

Il s'agit de toilettes en or massif 18 carats en parfait état de marche, qui ont pour particularité d'avoir été soumises pendant un an aux besoins du public, au cinquième étage du musée, dans un acte, écrivait Nancy Spector dans son courriel, "merveilleux de générosité". L'ensemble était nettoyé toutes les quinze minutes.

"Quel est le but de nos vies?" 

Fort heureusement pour un couple présidentiel qui menaçait d'être frustré de Van Gogh, la "générosité" venait de prendre fin et America était "disponible". Evoquant la filiation avec le fameux urinoir de Marcel Duchamp, la conservatrice en chef du musée poursuit alors: "L'œuvre d'art est bien sûr très précieuse et fragile mais nous pourrions transmettre toutes les instructions nécessaires à son installation et à son entretien". La Maison Blanche n'a pas voulu préciser quelle réponse avait été donnée à cette suggestion du musée Guggenheim. 

Si America a été décrit comme une satire de l'excessive richesse des Etats-Unis, son auteur, Maurizio Cattelan a toujours montré des réticences à l'idée de livrer son mot sur la question. Le Washington Post lui en a posé une autre: pourquoi avoir voulu prêter America à Donald Trump? Pas sûr que sa réponse ait dissipé l'interrogation: "Quel est le but de nos vies? Tout y semble absurde jusqu'à la mort et ne fait sens qu'ensuite". 

Robin Verner