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Un journaliste inculpé au Maroc pour avoir critiqué la justice dans un tweet

Justice

Justice - AFP

Le journaliste et militant des droits humains marocain Omar Radi a été inculpé ce jeudi pour un tweet dans lequel il dénonçait une décision de justice.

Son procès doit débuter dès ce jeudi soir, selon son avocat. Omar Radi, un journaliste et militant des droits humains marocain, sera jugé en vertu de l'article 263 du Code pénal, qui punit d'un mois à un an de prison "l'outrage envers un ou plusieurs magistrats".

Placé en détention

D'après Me Said Benhammani, le journaliste est poursuivi pour un tweet publié en avril et dénonçant le verdict d'un magistrat contre des membres du Hirak, un mouvement de contestation sociale qui a agité le nord du Maroc en 2016 et 2017.

"Lahcen Talfi, juge de la cour d'appel, bourreau de nos frères, souvenons-nous bien de lui. Dans beaucoup de régimes, les petits bras comme lui sont revenus supplier après en prétendant -avoir exécuté des ordres+. Ni oubli ni pardon avec ces fonctionnaires sans dignité!", avait écrit le journaliste.

Début avril, la Cour d'appel de Casablanca (ouest) avait confirmé des peines allant jusqu'à 20 ans d'emprisonnement de 42 membres du Hirak.

Le journaliste âgé de 33 ans, qui collabore occasionnellement avec des médias marocains et étrangers, a été convoqué et entendu, ce jeudi 26 décembre, par la police judiciaire qui l'a déféré devant le procureur. Celui-ci a décidé de le placer en détention et de le poursuivre, a rapporté son avocat.

135e au classement mondial de la liberté de la presse

En avril, Omar Radi avait déjà été entendu une première fois par la police judiciaire et une enquête avait été ouverte. Ce mercredi, il a écrit sur les réseaux sociaux avoir reçu une convocation de la part de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ). "J'ignore les raisons de cette nouvelle convocation", a-t-il dit. Son arrestation a suscité une vague d'indignation sur les réseaux sociaux.

Un nouveau Code de la presse ne prévoyant plus de peines de prison est entré en vigueur en 2016, mais les journalistes continuent d'être poursuivis selon le Code pénal. Des ONG comme Human Rights Watch, Amnesty International et Freedom Now s'inquiètent des condamnations de journalistes en vertu du Code pénal. Dans son dernier classement annuel sur la liberté de la presse, Reporters sans frontières a classé le Maroc 135e sur 180 pays.

S. M. avec AFP