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Un indice de masse adipeuse pour mieux mesurer l'obésité ?

L'indice de masse corporelle (IMC), utilisé depuis deux siècles pour évaluer l'obésité, présente des failles que des chercheurs américains ont cherché à combler en créant un nouvel instrument de mesure, l'indice de masse adipeuse (IMA). /Photo d'archives/

L'indice de masse corporelle (IMC), utilisé depuis deux siècles pour évaluer l'obésité, présente des failles que des chercheurs américains ont cherché à combler en créant un nouvel instrument de mesure, l'indice de masse adipeuse (IMA). /Photo d'archives/ - -

CHICAGO (Reuters) - L'indice de masse corporelle (IMC), utilisé depuis deux siècles pour évaluer l'obésité, présente des failles que des chercheurs...

CHICAGO (Reuters) - L'indice de masse corporelle (IMC), utilisé depuis deux siècles pour évaluer l'obésité, présente des failles que des chercheurs américains ont cherché à combler en créant un nouvel instrument de mesure, l'indice de masse adipeuse (IMA).

Cet IMA, plus difficile à calculer, combine notamment la taille et le tour de hanche et, selon ses inventeurs, serait plus fiable que l'indice de masse corporelle, calculé en divisant le poids exprimé en kg par le carré de la taille en mètre.

L'IMC, validé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), s'est développé depuis plus de 200 ans pour devenir l'un des indicateurs les plus fréquemment utilisés par les médecins et les chercheurs pour déterminer les cas de surpoids ou d'obésité.

Un individu de 1m80 sera considéré en surpoids à partir de 81 kg (IMC supérieur à 25) et obèse à partir de 98 kg (IMC supérieur à 30).

Mais selon Richard Bergman de l'université de Californie du Sud, à Los Angeles, cet indicateur n'est pas totalement fiable. Un homme et une femme présentant le même IMC pourront ainsi avoir des taux très différents de masse graisseuse. De même, l'indice de masse corporelle ne pourrait être généralisé entre groupes ethniques différents ni utilisé pour les athlètes.

L'indice de masse adipeuse que prône l'équipe du Pr Bergman a été créé à partir d'expériences menées sur des individus appartenant à des groupes ethniques différents.

Sa fiabilité a été confirmée par scanner, ajoutent les chercheurs qui soulignent cependant que sa phase de mise au point n'est pas terminée.

"Après d'autres validations, cette mesure pourra être proposée comme un instrument utile de mesure de la proportion graisseuse, qui est très facile à obtenir. Restera cependant à vérifier si l'IMA est un indicateur plus utile pour la santé des hommes et des femmes que d'autres indices de la masse adipeuse, dont l'IMC", écrit l'équipe dans un article publié par le journal Obesity.

L'obésité a pris des proportions épidémiques à travers le monde, où on estime que plus d'un demi-milliard de personnes, soit un adulte sur dix, en souffrent. Deux fois plus qu'en 1980.

Aux Etats-Unis, son coût pour la santé publique est chiffré à quelque 150 milliards de dollars par an, soit 10% des dépenses totales de santé.

Julie Steenhuysen, Henri-Pierre André pour le service français