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Un collectif de journalistes demande à la France d'accueillir 145 Afghans ciblés par les talibans

Famille afghane à l'aéroport de Kaboul.

Famille afghane à l'aéroport de Kaboul. - Wakil Kohsar / AFP

Dans une tribune publiée chez nos confrères de France info, un collectif de journalistes français et américains appelle Emmanuel Macron à autoriser l’atterrissage en France d’un avion affrété avec 145 Afghans ciblés "sans relâche" par les talibans.

Un collectif de journalistes français et américains lance un appel au président Emmanuel Macron pour qu'il autorise l'atterrissage en France d'un avion affrété avec 145 Afghans, notamment des intellectuels, des journalistes, des archéologues, des artistes, dont certains sont sur des "listes noires" des talibans et "se terrent depuis trois jours".

Le centre de recherche privé Sayara Research, "établi en Afghanistan depuis près de vingt ans", épaulé par un groupe de volontaires et de journalistes français et américains travaillant ou ayant travaillé en Afghanistan et "connaissant ce pays en profondeur", indique avoir "obtenu le financement d'un vol charter (...) grâce au soutien de plusieurs fondations privées, américaines notamment", dans une tribune publiée mercredi sur le site internet du media franceinfo.

"Notre but: évacuer d'urgence les profils les plus à risque en Afghanistan, ceux que les talibans ciblent sans relâche depuis vingt ans. Les vols commerciaux, mis à l'arrêt, ne peuvent assurer cette tâche. Certains de ces hommes et femmes sont sur des listes noires, d’autres ont déjà été ciblés par des agressions des talibans", déclarent les signataires de la tribune.

Des Afghans ayant travaillé avec des étrangers mais pas seulement

"Intellectuels, journalistes, chercheurs, sportifs, archéologues, artistes. Ils ont tous travaillé avec des étrangers, parfois pour des institutions françaises, et se terrent depuis trois jours", relèvent les signataires. Certains ont perdu "de très nombreux proches dans la course aux assassinats ciblés qui ont marqué ces deux dernières années" en Afghanistan, souligne la tribune.

"Dès que l'aéroport de Kaboul fermera et c'est une question de jours, c'est la chape de plomb qui se refermera et ce sera la traque", a affirmé mercredi soir Nama Vanier, gérante de Sayara Research. "On a déjà des échos d'arrestations dans les provinces de personnes ciblées", a-t-elle indiqué.

Parmi ces 145 personnes figurent aussi des "employés de Sayara, des membres de la communauté LGBT, de nombreux traducteurs et fixeurs", a-t-elle précisé.  

"Il nous manque désormais une destination"

Le vol "a reçu l'autorisation des Américains pour atterrir à Kaboul", précisent les signataires, mais "pour que l'avion décolle, nous devons obtenir une lettre d'autorisation d'atterrissage d’un pays tiers, qui acceptera les personnes avec ou sans passeport afghan. Sans cette lettre, notre avion ne pourra pas être autorisé à atterrir puis à décoller ensuite de Kaboul".

"Il nous manque désormais une destination. Nous sollicitons le président Macron pour qu’il autorise ces 145 visages marqués par l’effroi et la terreur à atterrir en France. Avant qu’ils ne vivent cloîtrés, ou disparaissent, tout simplement", ajoutent-ils. 

L'évacuation de diplomates, d'autres étrangers et d'Afghans ayant travaillé avec eux se poursuit mercredi dans des conditions difficiles à Kaboul, tombée aux mains des talibans. Un gigantesque pont aérien mobilise depuis dimanche une noria d'avions du monde entier, dans un aéroport pris d'assaut par les candidats à l'exil et dont les abords sont étroitement contrôlés par les talibans.

H.G. avec AFP