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Trump veut que les Etats-Unis jouent la discrétion sur la scène internationale

Donald Trump en février 2016

Donald Trump en février 2016 - Jim WATSON / AFP

Au cours d'un entretien-fleuve, le candidat républicain à la présidentielle américaine, Donald Trump, est revenu sur les grands points de sa politique étrangère. Il prône une forme de désengagement des Etats-Unis dans le monde.

Les leaders du parti républicain américain ont changé. Le précédent président issu de cette famille politique, George W. Bush, était connu pour son interventionnisme sur la scène internationale. Aujourd’hui, Donald Trump, qui a été investi officiellement candidat lors de la convention de Cleveland qui s’achève ce jeudi, parle au contraire de désengagement international et de retrait militaire. Il précise ses positions en matière de politique étrangère dans un entretien au New York Times, fidèle à son slogan de campagne, "L’Amérique d’abord".

Il va falloir passer à la caisse

Visiblement, les relations internationales sont un terrain où Donald Trump avance avec méfiance. "Et ça enregistre?" demande-t-il ainsi aux deux journalistes du New York Times venus l’interroger avant de vilipender "les imbéciles et les détracteurs" qui détournent selon lui ses propos. Il faut dire que ses positions ont de quoi étonner. Ulcéré par le déficit commercial annuel américain et les sommes que dépensent les Américains pour défendre militairement leurs alliés, il explique: "Si on ne peut pas se faire rembourser les coûts énormes de la protection de pays, riches par ailleurs, alors nous leur dirons: "Félicitations, défendez-vous tous seuls!"

En conséquence, le candidat républicain laisse entendre que certains pays membres de l’OTAN pourraient ne pas être soutenus en cas de conflit armé s’ils ne payent pas "leurs factures" au préalable. Il ne cache pas que c'est notamment aux pays baltes, voisins de la Russie, qu'il présente l'addition. 

Trump rejette le droit d'ingérence...et celui de faire la morale à ses alliés

Un retrait qui aurait pour corollaire de desserrer l’étau autour de pays surveillés de près par les Etats-Unis, comme la Corée du Nord. Mais Donald Trump ne semble pas nourrir de mystique particulière par rapport au rôle de l’armée américaine: "Peut-être que si on n’avait pas déployé de troupes en Corée du Sud on aurait une Corée réunifiée aujourd’hui".

Donald Trump félicite le président Recep Tayyip Erdogan pour avoir "renversé la situation" en Turquie et mis en échec le coup d’Etat. Et la vague d’arrestations qui s'est levée en Turquie à présent ne l’émeut pas. Elle aurait plutôt tendance à l’inciter à une forme de modestie: "Quand le monde regarde dans quel triste état se trouvent les Etats-Unis au sujet des libertés individuelles et qu’ensuite on vient donner des leçons, je trouve qu’on n’est pas un très bon messager."

Le candidat républicain appelle également la Turquie à augmenter son effort contre l’Etat islamique et... à se réconcilier avec les Kurdes (dont il se dit "fan") sans préciser de feuille de route.

R.V