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Turquie

Turquie: purge générale après la tentative ratée de coup d'Etat

Manifestation anti-coup d'Etat en Turquie le 16 juillet 2016.

Manifestation anti-coup d'Etat en Turquie le 16 juillet 2016. - Adem Altan - AFP

Après la tentative ratée de coup d'Etat militaire, le président Erdogan lance une vaste opération de répression. Qui commence par une vague d'arrestation dans l'armée et la justice.

Au lendemain de la tentative ratée de putsch en Turquie, Recep Tayyip Erdogan avait annoncé que les rebelles paieraient "le prix fort". La réaction n'aura pas tardé: une vaste purge de l'armée et de la justice est en cours depuis samedi.

Au total, quelque 6.000 militaires ont déjà été placés en garde à vue et près de 3.000 mandats d'arrêt ont été délivrés à l'encontre de juges et de procureurs. 103 généraux et amiraux turcs ont eux aussi été placés en garde à vue. Parmi eux figure l'ancien chef de l'armée de l'air, le général Azin Oztürk, soupçonné d'être l'un des meneurs de la tentative de coup d'Etat. Tous sont soupçonnés d'être liés au prédicateur Fethullah Gülen, un ancien allié d'Erdogan qui l'accuse d'être l'instigateur du putsch.

Vers un rétablissement de la peine de mort?

La purge semble tout juste commencer: lundi, on apprend le limogeage de 9.000 fonctionnaires du ministère de l'Intérieur dans tout le pays. Et le mouvement pourrait ne pas s'arrêter là: dimanche à Istanbul, le président Erdogan a déclaré que le "virus" factieux serait éliminé de l'ensemble des institutions de l'Etat. "Hélas! Ce virus, comme un cancer, s'est propagé à tout l'Etat", a-t-il déploré.

Le chef de l'Etat turc a même évoqué un possible rétablissement de la peine capitale en Turquie, officiellement abolie en 2004 dans le cadre de la candidature de son pays à l'entrée dans l'union européenne. Lundi, Berlin a d'ailleurs prévenu qu'une réintroduction de la peine de mort signifierait "la fin des négociations d'adhésion". 

Avant cela, la communauté internationale a mis en garde la Turquie contre la tentation d'une répression généralisée. Le président américain Barack Obama a ainsi rappelé "le besoin vital" que toutes les parties concernées "agissent dans le cadre de l'Etat de droit" et le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, que ce coup d'Etat avorté n'était pas un "chèque en blanc" au président Erdogan pour procéder à des "purges". La répression est pourtant bel et bien en marche.

A. K. avec AFP