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Trump positif au Covid-19: quelles conséquences sur la suite de la campagne présidentielle?

Contraint d'annuler les multiples déplacements prévus la semaine prochaine, le président est désormais confronté au scénario improbable d'une candidature potentiellement empêchée à un mois du scrutin.

Le déplacement de campagne prévu samedi en Floride n'est pas le seul que Donald Trump va devoir annuler. Son agenda de la semaine prochaine est saturé de meetings: dimanche dans le Wisconsin, lundi en Géorgie, mardi dans l'Ohio, mercredi dans l'Arizona... Tout cela est désormais bouleversé, le président sortant ayant annoncé ce vendredi avoir contracté le Covid-19.

Un isolement de 10 jours minimum

Dans son dernier avis, le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies (Centers for Disease Control and Prevention ou CDC) se veut clair: quelqu'un qui est testé positif au Covid-19 doit être à l'isolement pendant 10 jours minimum, avec ou sans symptômes. S'il souffre de symptômes, le président américain devra observer, en plus des 10 jours d'isolement, un délai supplémentaire de 24 heures durant lequel il n'aurait aucune fièvre et ce, sans l'aide du moindre médicament.

En théorie, si Donald Trump vient à respecter scrupuleusement cette règle, cela veut donc dire qu'il interrompt sa campagne. Du moins pour ce qui concerne ces "rallies" dont il est si friand, les discours par visio n'étant pas du tout sa tasse de thé.

Retirer Trump des bulletins de vote?

Comme le note le New York Times, "le résultat positif du test effectué par Donald Trump pourrait générer des difficultés immédiates dans sa campagne contre l'ex-vice-président Joseph R. Biden Jr., son adversaire démocrate, à tout juste 33 jours de l'élection du 3 novembre".

"Même si Donald Trump, 74 ans, demeure asymptomatique, il va devoir se retirer de la campagne et rester isolé à la Maison Blanche pour une période incertaine. S'il tombe malade, cela pourrait soulever des questions quant à l'opportunité même d'avoir son nom sur les bulletins de vote", poursuit le quotidien new-yorkais.

Quid de la campagne si jamais l'un des deux candidats tombe gravement malade ou, pire, meurt avant le jour du scrutin? S'agissant des Démocrates, les 447 membres de leur Comité national (DNC) auraient à choisir un nouveau candidat.

Le président de cet organe, Tom Perez, aurait à s'entretenir avec les grands élus du parti et à l'issue de cette consultation, transmettrait un rapport aux membres du DNC pour qu'ils fassent leur choix. Les règles du Comité républicain sont similaires, mais plus complexes.

Délais différents selon les États

Le problème, c'est qu'après s'être choisi un nouveau porte-drapeau, les partis auraient à remplacer le nom du candidat défunt ou en incapacité sur les bulletins de vote dans chaque État. Or, comme le souligne Richard Pildes, professeur de droit constitutionnel à l'Université de New York dans un entretien accordé au Washington Post, "chaque État a ses propres délais en deçà desquels les partis doivent soumettre le nom de leur candidat".

"En 2016, la plupart (de ces délais) étaient en août et septembre. Si un État n'a pas de législation permettant de substituer un impétrant avant cette date, il faudrait probablement faire appel aux tribunaux pour trancher la question", poursuit cet expert électoral.

Par ailleurs, dans le cas présent, les bulletins de vote ont déjà été envoyés et des millions d'Américains ont d'ores et déjà voté à l'élection présidentielle de 2020. Il semble donc impossible, à ce stade, de remplacer un candidat sans être contraint de relancer entièrement le processus électoral. Or, cela est impossible à 30 jours du scrutin, à moins que le Congrès vote en urgence une loi le reportant. Les États-Unis plongent ainsi dans l'inconnue. Une fois de plus.

Jules Pecnard Journaliste BFMTV