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Syrte, bastion de Kadhafi, attend l'assaut des insurgés libyens

Des combattants insurgés à la poursuite de forces loyales à Mouammar Kadhafi, sur la route à 120 km à l'est de Syrte. La ville, dont le dirigeant libyen a fait sa deuxième capitale, attend l'assaut des rebelles qui progressent dans sa direction. /Photo pr

Des combattants insurgés à la poursuite de forces loyales à Mouammar Kadhafi, sur la route à 120 km à l'est de Syrte. La ville, dont le dirigeant libyen a fait sa deuxième capitale, attend l'assaut des rebelles qui progressent dans sa direction. /Photo pr - -

SYRTE, Libye (Reuters) - Les forces fidèles à Mouammar Kadhafi s'attendaient lundi à un assaut des insurgés contre Syrte, la ville natale du dirigeant libyen sur la route menant à Tripoli.

SYRTE, Libye (Reuters) - Les forces fidèles à Mouammar Kadhafi s'attendaient lundi à un assaut des insurgés contre Syrte, la ville natale du dirigeant libyen sur la route menant à Tripoli.

Un flot continu d'insurgés a pris la direction de Syrte à bord de pick-up équipés de mitrailleuses. Un journaliste de Reuters a ainsi vu des véhicules de rebelles circuler à l'ouest de Ben Djaouad, une ville côtière située à l'est de Syrte.

A Benghazi, fief de l'insurrection, des opposants à Mouammar Kadhafi ont déclaré tôt lundi que Syrte était tombée aux mains de l'insurrection mais un journaliste de Reuters sur place a dit n'avoir assisté à aucun combat.

Avec les frappes aériennes internationales contre les forces de Mouammar Kadhafi, qui les avaient acculés à Benghazi, les insurgés ont repris leur marche vers l'Ouest avec l'espoir d'atteindre Tripoli et de renverser le dirigeant libyen.

Petite ville côtière transformée en deuxième capitale du pays par Mouammar Kadhafi, Syrte était calme lundi. Des militaires étaient postés à des barrages surmontés de drapeaux verts claquant au vent.

Sûrs d'eux, des hommes armés de fusils d'assaut AK-47 tiraient des rafales en l'air.

"Je me rends à Bin Djaouad pour combattre sur le front. S'ils viennent à Syrte, nous défendrons notre ville", a affirmé Oussama ben Nafaa, un policier de 32 ans.

Assis dans son pick-up recouvert de boue et de sable en guise de camouflage, Oussama ben Nafaa a brandi un gilet pare-balle souillé de taches de sang et ayant appartenu, selon lui, à un militaire tué lors de précédents combats.

"VIVRE UNE VIE NORMALE"

Plusieurs explosions, probablement dues aux frappes aériennes, ont encore retenti durant la nuit aux alentours de Syrte, ville fortifiée considérée comme un verrou stratégique vers Tripoli.

Lors d'un déplacement organisé par les autorités, des responsables libyens ont conduit des journalistes jusqu'à un port où, selon eux, trois marins, tous civils, ont été tués par des bombardements étrangers deux jours plus tôt.

Dans une maison, la soeur de l'un de ces marins, Faradj Harcha, était assise au milieu de ses proches, se balançant et pleurant. "Mon frère est parti, mon frère est parti", répétait-elle.

Des habitants de Syrte ont déclaré qu'ils commençaient à s'habituer aux explosions et aux fusillades.

"La nuit, lorsque tombent les bombes, ma famille reste à la maison et prie", a déclaré Ghada Imrayid, une adolescente de 16 ans tout juste rentrée de ses études en Angleterre.

"Je souhaite vivre une vie normale ici à Syrte", a-t-elle ajouté, s'exprimant dans les locaux d'une école ornée de portraits de Mouammar Kadhafi. "Il faudrait écouter (les rebelles). Mais la violence ne résoudra pas les problèmes."

Azra Salim, 15 ans, a ajouté: "Les bombes ne nous font plus rien, on dirait des feux d'artifice."

A Tripoli, des responsables libyens ont affirmé que les insurgés avaient attaqué dans la nuit de dimanche à lundi un "convoi de la paix" se dirigeant vers Benghazi. Vingt-neuf personnes auraient été blessées.

A Syrte, un chauffeur de taxi a dit avoir été témoin de cette attaque alors qu'il circulait au sein de ce convoi. Ses déclarations n'ont pas pu être vérifiées de source indépendante.

"Je conduisais en direction de Bin Djaouad. Les rebelles ne nous ont pas bien accueillis. Ils ont tiré au-dessus de nos têtes. Ils ont tiré sur une femme", a dit ce chauffeur de taxi, Akram Gilasi. "Ils ont aussi tiré sur ma voiture."

Jean-Philippe Lefief et Bertrand Boucey pour le service français