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Sur Twitter, des Afro-Américains s'élèvent contre le racisme des médias

Sur Twitter, @Heartbreak_Rell s'interroge: "S'ils (les policiers, NDLR) m'abattaient, quelle photo utiliseraient-ils?", et met en avant deux facettes de sa personnalité.

Sur Twitter, @Heartbreak_Rell s'interroge: "S'ils (les policiers, NDLR) m'abattaient, quelle photo utiliseraient-ils?", et met en avant deux facettes de sa personnalité. - Capture d'écran Twitter

Choqués par le traitement médiatique de l'affaire Michael Brown, cet adolescent Noir abattu par un policier dans le Missouri, de jeunes Afro-Américains se jouent sur les réseaux sociaux de l'image de leur communauté véhiculée par certains médias.

Aux Etats-Unis, la mort d'un jeune Noir abattu dimanche par un policier à Ferguson, dans le Missouri, n'a pas fait qu'agiter les rues. Si des émeutes ont éclaté dimanche soir dans cette ville de la banlieue de Saint-Louis, au lendemain de la mort du jeune homme, obligeant Barack Obama à appeler à l'apaisement, un débat né de cet événement est également apparu sur Twitter. 

Une photo à l'origine de la colère

Au sein de la communauté afro-américaine, la mort de Michael Brown, 18 ans, a ravivé la colère de 2012, lorsque Trayvon Martin, un autre adolescent noir, avait été tué par un vigile. Le drame avait alors relancé le débat sur le racisme aux Etats-Unis. Un débat et une colère anti-policière réapparus sur les réseaux sociaux depuis deux jours, mais auquel s'est greffée une autre remontrance: celle du traitement médiatique de l'affaire Brown. De nombreux jeunes Afro-Américains se sont ainsi élevés, via le hashtag #IfTheyGunnedMeDown (en français: "s'ils m'abattaient"), contre l'image négative de leur communauté véhiculée par les médias. 

A l'origine de cette révolte 2.0, la diffusion en boucle, par les télévisions, d'une photo de Michael Brown (visible ci-dessous, à gauche), sur laquelle il effectue un signe avec ses doigts, en l'occurrence un signe pacifique, mais pouvant être assimilé à un geste de ralliement à un gang par les non-initiés. Une confusion largement entretenue par certains médias conservateurs, et ce alors même que des photos de la victime le jour de sa remise de diplôme sont visibles sur sa page Facebook.

If you died, which picture would the media use? #IfTheyGunnedMeDown #MikeBrown http://t.co/lJMM9a0owk pic.twitter.com/YYxIbPB0xA
— The Root (@TheRoot) 11 Août 2014

Deux photos, deux facettes

"Quelle photo de moi les médias utiliseraient-ils si on m'abattait?", se sont donc demandés des dizaines de twittos afro-américains, publiant des montages d'eux dans des situations opposées, montrant ainsi des aspects différents de leur personnalité et de leur vie.

#IfTheyGunnedMeDown what picture would they use pic.twitter.com/lJ3k3tT63n
— I Am Who I Am (@King_Ghidorah5) 11 Août 2014

#WhatWouldTheySay? Are we "thugs" or are we young adults serving our country? #IfTheyGunnedMeDown pic.twitter.com/PyzfbcgndR
— ΛKASHA (@ayo_brittt) August 13, 2014

#iftheygunnedmedown which picture would they use? pic.twitter.com/YgSAUC1R8u
— Name Ring BELLS (@Heartbreak_Rell) 10 Août 2014

Pour chaque tweet, le même message: si ces jeunes adoptent une attitude rebelle et menaçante sur certains clichés, à la manière de voyous, ils n'en sont pas moins des citoyens normaux et exemplaires, engagés dans l'armée, diplômés ou encore parents responsables. Un moyen d'interpeller la société américaine sur l'image qu'elle a de ses jeunes, et d'illustrer le fameux dicton: "il ne faut pas se fier aux apparences".

Yes let's do that: Which photo does the media use if the police shot me down? #IfTheyGunnedMeDown pic.twitter.com/Ng0pUlxWhr
— YoungGifted&Black✊ (@CJ_musick_lawya) 10 Août 2014