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Qui est Benjamin Brafman, l'ancien avocat de DSK qui défend Harvey Weinstein?

Benjamin Brafman à New York, le 25 mai 2018

Benjamin Brafman à New York, le 25 mai 2018 - Kevin Hagen - Getty Images North America - AFP

Il s’apprête à défendre l’accusé de l’une des affaires de la décennie. Benjamin Brafman, avocat new-yorkais de soixante-neuf ans, n’en est pas à son premier procès médiatique. Il était chargé de défendre Dominique Strauss-Kahn en 2011, dans l’affaire du Sofitel.

Il se tenait au côté de Harvey Weinstein face au juge new-yorkais. Benjamin Brafman, 69 ans, est l’avocat qu’a choisi le producteur déchu pour sa défense. Ce dernier a été inculpé ce vendredi pour un viol et une agression sexuelle, sur la centaine d’accusations au total qui pèsent contre lui. Un juge a fixé les conditions de sa remise en liberté: une caution d'un million de dollars en cash, le port d'un bracelet électronique et la remise de son passeport aux autorités.

Face à la justice américaine et une opinion publique qui ne lui est pas vraiment favorable, Harvey Weinstein a choisi l’avocat des stars. Benjamin Brafman n’en est pas à son premier cas médiatisé, ni à sa première affaire du genre. Parmi les célébrités qu’il a défendues, P. Diddy, qu’il a réussi à faire acquitter d’accusations de détention illégale d’arme malgré une centaine de témoins. Selon Le Monde, il a également défendu Jay-Z, qu’il a convaincu de plaider coupable dans une affaire d’agression, et rejoint une équipe de juristes engagée par Michael Jackson.

L'avocat du scandale du Sofitel

Plus récemment, en mars dernier, il n’a pas réussi à éviter la prison à Martin Shkreli, "l’homme le plus détesté d’Amérique". Mais en France, son nom est surtout rattaché à l’affaire du Sofitel en 2011, qui a vu Dominique Strauss-Kahn accusé de tentative de viol par Nafissatou Diallo, une femme de chambre.

Grâce à Benjamin Brafman, l’ancien directeur général du Fonds monétaire international avait réussi à obtenir l’abandon des poursuites, jetant au passage le discrédit sur la plaignante:

"Nafissatou Diallo avait simplement menti sur ses conditions d’entrée (…) elle avait obtenu le statut de réfugiée politique en arrangeant un petit peu son histoire", explique Anthony Bellanger, consultant international pour BFMTV. "Il a suffi de le démontrer."

Objectif: "faire abandonner les poursuites"

Benjamin Brafman est déjà passé à l'offensive pour défendre son très médiatisé client. Celui qui, en mars dernier, s'est fait remarquer en faisant une distinction entre promotion canapé et viol a déclaré ce vendredi que Harvey Weinstein plaiderait "non coupable":

"Nous avons l’intention d’avancer très rapidement pour balayer ces accusations", a-t-il déclaré à la sortie du tribunal. "Nous pensons qu’elles sont biaisées constitutionnellement, nous pensons qu’elles ne sont pas basées sur des preuves factuelles", a-t-il ajouté. 

De nombreux autres points de l’affaire Weinstein rappellent l’affaire DSK. La nature des accusations, de manière évidente, mais également un autre acteur judiciaire: Cyrus Vance, le procureur de Manhattan. Et selon Pierre Hourcade, avocat aux barreaux de Californie, New York et Paris, celui-ci "ne peut pas se rater comme il l’a déjà fait à l’époque du dossier DSK."

Benjamin Pierret avec Jean-Bernard Cadier