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Cyclone Pam: des difficultés pour acheminer l'aide au Vanuatu

Les dégâts sont considérables au Vanuatu après le passage du cyclone Pam.

Les dégâts sont considérables au Vanuatu après le passage du cyclone Pam. - UNICEF Pacific - AFP

Deux jours après le passage du cyclone Pam qui a dévasté l'archipel du Vanuatu, l'aide humanitaire tente de se mettre en place. Certaines îles très reculées compliquent le travail des ONG pour acheminer des vivres.

"Tout est à reconstruire", a confié lundi le président du Vanuatu, Baldwin Lonsdale, après le passage du cyclone Pam, qui a dévasté l'archipel du Pacifique Sud. "Dans l'immédiat, il nous faut un soutien humanitaire, à plus long terme nous avons besoin d'une aide financière et d'assistance pour commencer à reconstruire nos infrastructures", insistait le président depuis le Japon où il participait à une conférence des Nations unies sur la prévention des catastrophes naturelles.

Dans le même temps, les associations humanitaires éprouvaient les pires difficultés lundi à venir en aide aux habitants du Vanuatu. L'aide a bien commencé à arriver par avion dans la capitale Port-Vila, mais les employés des associations d'aide expliquaient n'avoir aucun moyen de distribuer les vivres dans les îles les plus reculées de cet archipel parmi les plus pauvres du monde.

Evaluer les besoins en eau potable 

Il faudra des jours, disent-ils, pour réussir à atteindre chaque village rasé par la tempête qualifiée de "monstre" par le président Baldwin Lonsdale, et ils craignent désormais la propagation de maladies. Il faut évaluer rapidement les besoins en eau potable, en toilettes portatives, en pastilles de purification de l'eau, a expliqué le directeur de l'ONG Oxfam pour le Vanuatu, Colin Colette.

"La première urgence, c'était le cyclone, la deuxième urgence, ce sera les maladies si l'eau potable et les conditions d'hygiène sont insuffisantes", a-t-il dit. "Il y a vraisemblablement 100.000 sans-abris, les écoles sont détruites, les centres d'hébergement sont pleins, les cliniques et la morgue sont endommagées".

150.000 personnes touchées

Pour le directeur de l'ONG Save the Children, Tom Skirrow, les conditions sont pires qu'après le super typhon Haiyan, qui a ravagé les Philippines en novembre 2013, faisant plus de 7.350 morts et disparus. "J'étais là pour Haiyan et je peux vous dire à 100% que la logistique est bien plus problématique ici", a-t-il dit alors que le cyclone s'annonce comme l'une des pires catastrophes jamais survenue dans la région.

Le bilan officiel fait état de six morts et plus de 30 blessées. D'après Tom Skirrow, 15.000 habitants ont perdu leur logement dans la seule capitale. Le survol des îles les plus excentrées a confirmé "que tout est détruit". Si les survols ont pu permettre aux ONG de voir des dégâts, elles ne savent pas où en sont les habitants. "Je suis absolument certain qu'au moins 150.000 personnes ont été touchées de manière significative, et parmi elles, 75.000 sont des enfants", a-t-il ajouté.

J.C. avec AFP