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Turquie: Erdogan passe à l'offensive sur la peine capitale

Recep Tayyip Erdogan le lundi 7 mars 2016.

Recep Tayyip Erdogan le lundi 7 mars 2016. - AFP Photo

En réaction au putsch manqué qui a déjà valu à 35.000 personnes d'être arrêtées, le président turc veut rouvrir le débat sur le rétablissement de la peine de mort.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé samedi que le rétablissement de la peine de mort, évoqué depuis la tentative de coup d'Etat en juillet, serait soumis au Parlement, malgré les critiques de l'Occident.

"Bientôt, bientôt, ne vous en faites pas. C'est pour bientôt, si Dieu le veut", a déclaré M. Erdogan lors de l'inauguration d'une gare dans la capitale turque, en réponse à la foule qui scandait "nous voulons la peine de mort" pour les auteurs du coup d'Etat manqué. "Notre gouvernement soumettra cela au Parlement. Et je suis convaincu que le Parlement l'approuvera et, quand cela arrivera devant moi, je le ratifierai", a poursuivi le chef de l'Etat turc, sans avancer de calendrier.

Dès le surlendemain du putsch avorté du 15 juillet, le président Erdogan avait évoqué un possible rétablissement de la peine capitale afin d'éliminer "le virus" factieux au sein de l'Etat, provoquant l'indignation de l'Union européenne (UE) avec laquelle Ankara entretenait déjà des relations orageuses.

"Aucun pays ne peut adhérer à l'UE s'il introduit la peine de mort", avait prévenu en juillet la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. "L'Occident dit ceci, l'Occident dit cela. Excusez-moi, mais ce qui compte, ce n'est pas ce que dit l'Occident, c'est ce que dit mon peuple", a rétorqué M. Erdogan samedi.

La peine de mort a été abolie en 2004 dans le cadre de la candidature d'Ankara à l'entrée dans l'UE, et son rétablissement sonnerait le glas des négociations sur une adhésion de la Turquie.

D. N. avec AFP