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Un ex-otage en Syrie: "Ils ont fait semblant de m'exécuter"

Le journaliste a passé près de 3 mois en captivité en Syrie.

Le journaliste a passé près de 3 mois en captivité en Syrie. - -

Un photo-journaliste franco-américain, dont l'enlèvement n'avait pas été médiatisé, a témoigné des 80 jours de captivité qu'il vient de vivre en Syrie.

"Ils ont préparé un traquenard. [...] Ils nous attendaient. Ils ont fait semblant de m'exécuter avec un pistolet. Ils m'ont baillonné, menotté, les yeux couverts. Ils m'ont retiré mes affaires. [...]Ma captivité a commencé comme ça..."

Enlevé le 29 avril à Yabroud, à la frontière libanaise, au nord de Damas, Jonathan Alpeyrie, photo-journaliste franco-américain, a témoigné ce jeudi matin sur Europe 1 et RTL de sa captivité. Une prise d'otage qui n'a jamais été rendue publique. Il a été libéré la semaine dernière. Agé de 34 ans, il couvrait le conflit syrien pour l'agence Polaris Images.

Jonathan Alpeyrie estime avoir été "trahi par son fixeur", la personne qui l'aidait sur le terrain pour son reportage.

Rançon mystérieuse

Ses ravisseurs? "Tous des barbus, une unité islamiste". Surtout, des hommes violents qui lui inspirent la peur. "Une fois, je suis allé aux toilettes sans demander la permission et un de leurs combattants m'a mis son fusil mitrailleur sur le front", relate-t-il. Et d'expliquer qu'évidemment, il a pensé à la mort. "Mais je me disais: 'au moins, si ça arrive, ce sera rapide'."

Pour s'en sortir, il se montre "docile" pour acquérir plus de liberté. Il participe finalement à des tâches ménagères et apprend quelques mots d'arabe. "Ca m'a beaucoup aidé d'avoir des choses à faire."

Il sera finalement libéré après versement d'une rançon. A ce sujet, aucune information n'a été donnée pour le moment. Rentré à Paris le 24 juillet, il explique que son retour est "encore difficile", qu'il n'a plus "l'habitude de cette nouvelle liberté" mais qu'il a hâte de reprendre le travail.

V.D.