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Soupçonné de crimes contre l'humanité, un ex-soldat syrien remis en liberté

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Abdulhamid C., 31 ans, a servi entre 2011 et 2013 dans des unités de la Sûreté d'Etat du régime de Bachar al-Assad connues pour leurs exactions sur des civils, en particulier lors des manifestations préludes à la guerre civile.

Un ex-soldat syrien soupçonné de complicité de crimes contre l'humanité a été remis en liberté vendredi sous contrôle judiciaire, faute de preuves contre lui après un an de détention, a appris ce samedi l'Agence France-Presse (AFP) auprès de ses avocats.

Abdulhamid C., 31 ans, a servi entre 2011 et 2013 dans des unités de la Sûreté d'Etat du régime de Bachar al-Assad connues pour leurs exactions sur des civils, en particulier lors des manifestations préludes à la guerre civile. Ce réserviste originaire d'Alep est soupçonné d'avoir participé à identifier et arrêter les manifestants ainsi qu'aux sévices commis dans les prisons où ils étaient emmenés, au sein de la "branche al-Khatib" à Damas ou de la section 40, des unités d'élite. Le régime est accusé d'avoir arrêté, enlevé, torturé ou tué jusqu'à des dizaines de milliers de personnes, des opposants présumés notamment.

L'homme clame son innocence et affirme avoir été enrôlé de force et affecté à des postes subalternes, avant de déserter pour gagner l'Europe avec sa famille. Il était entré clandestinement en France en 2015, où il a obtenu le statut de réfugié en novembre 2018.

Son arrestation le 12 février 2019 et sa mise en examen avaient été saluées comme une première dans la traque, en France, des responsables d'exactions attribuées au régime syrien.

Le parquet national antiterroriste fait appel de la décision 

Mais après un an d'investigations, le juge d'instruction parisien chargé de l'enquête a refusé de prolonger sa détention provisoire, contrairement aux réquisitions du parquet national antiterroriste qui a fait appel de cette décision. 

Dans son ordonnance, le magistrat souligne qu'"aucun témoin n'a été en mesure de mettre en cause l'intéressé pour des exactions qu'il aurait personnellement commises". Il note aussi "qu'un geste suicidaire" de sa part "n'est pas à exclure" vu la dureté de sa détention à l'isolement.

"Nous sommes extrêmement soulagés de cette décision qui nous semble relever du bon sens", ont réagi ses avocats, Me Margaux Durand-Poincloux et Pierre Darkanian. Selon eux, "il aura besoin de plusieurs semaines pour sortir de l'état de faiblesse causé par cette détention".

Abdulhamid C. avait été arrêté en France en même temps que l'interpellation en Allemagne de deux ex-membres des services secrets syriens, qui doivent être jugés cette année à Coblence (ouest). Les justices allemande et française travaillent ensemble à traquer les auteurs de crimes de guerre et contre l'humanité commis en Syrie et en Irak.

C.Bo. avec AFP