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Les tribulations des enquêteurs sur les Droits de l’Homme en Syrie

Des opposants syriens à Paris le 10 décembre 2011, sur un toit d’immeuble rue de Charenton

Des opposants syriens à Paris le 10 décembre 2011, sur un toit d’immeuble rue de Charenton - -

Ce n’est que depuis lundi soir que le bruit audiovisuel est monté sur le cas de la répression dictatoriale en Syrie. L’ambassadeur de France à l’ONU, Gérard Araud, un faucon si j’en crois mes souvenirs de l’homme, a lâché un message fort au monde entier : « La France et d'autres membres du Conseil de sécurité considèrent que le silence du Conseil est un scandale ». Cela vise, au Conseil de Sécurité, la Russie et la Chine. Ces deux membres du groupe de cinq permanents du Conseil de Sécurité, le « P5 » donc, avaient opposé leur véto à toute nouvelle mesure contre la Syrie le 4 octobre. Et ne comptent pas changer d’avis cette semaine.

Maintenant, à chaque communication publique du Haut Commissaire aux Droits de l’Homme de l’ONU, Mme Navi Pillay, le nombre des morts s’allonge. Elle a parlé au Conseil de Sécurité, mais Russie et Chine n’ont pas décidé de voter quoi que ce fût de nouveau.

Or depuis août Mme Pillay essaie de faire entrer en Syrie une équipe d’enquêteurs onusiens, et le gouvernement syrien refuse encore et toujours. Ainsi, la méthodologie des enquêtes de Mme Pillay est la suivante : les enquêteurs, deux membres détachés qui oeuvraient en collaboration avec les bureaux onusiens de Beyrouth notamment (puisqu’il Mme Pillay ne dispose évidemment d’aucun collaborateur en Syrie), ont interviewé 223 personnes. Des témoins directs, des victimes et proches de victimes, ayant des souvenirs exacts. Des appels à ses services, et des témoignages, continuent tous les jours. Le nombre de morts quasi-certaines sont de 5000 à ce jour (l’opposition parle d’un cinq à dix fois plus). Le régime Assad joue les idiots, le président en tête comme le montre son interview sur ABC News du 7 décembre 2011. « Qui a dit que l’ONU était une institution crédible ?... Elle n’a jamais appliqué les résolutions concernant le monde arabe ... ».

Bref, les enquêteurs n’ont pas le droit d’entrer en Syrie, et voilà pourquoi le président ne croit en rien de ce qu’on lui dit. Une ligne de défense d’une rigidité imbattable, mais d’une absolue inutilité pour convaincre grand monde à l’extérieur.

Harold Hyman