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Les frappes françaises en Syrie ont tué au moins 6 Français jihadistes

Un camp d'entraînement du groupe Etat islamique a été visé par des chasseurs français en Syrie dans la nuit de jeudi à vendredi. Mais déjà certains s'interrogent sur la légalité pour la France, de tuer ses propres ressortissants...

Au moins six jihadistes français ont été tués dans les dernières frappes françaises en Syrie, a appris lundi BFMTV de sources gouvernementales. Pour rappel, un camp d'entraînement du groupe Etat islamique a été visé par des chasseurs français en Syrie dans la nuit de jeudi à vendredi. Il abritait des combattants "français et francophones", avait déjà indiqué dimanche le ministère français de la Défense.

"Nous avons ciblé un camp d'entraînement dans lequel se trouvaient des combattants étrangers de Daesh (acronyme de l'EI en arabe) formés pour venir nous attaquer en France", a-t-on alors assuré, en rappelant la notion de légitime défense sur laquelle repose l'intervention française en Syrie. "Parmi eux, il y avait des Français, des francophones. Ce sont les foreign fighters (combattants étrangers) que nous avons visés, pas les Français en particulier", a-t-on ajouté de même source.

Le ministère français de la Défense a lui déclaré lundi que ne rien ne permettait d'établir que des jihadistes français avaient été tués lors des deux frappes françaises contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie.

Vers des plaintes de familles?

Mais déjà certains s'interrogent sur la légalité pour la France, de tuer ses propres ressortissants. "Elle est peut-être légitime, mais elle ne paraît pas légale", a estimé Patrick Baudoin, de la Fédération internationale des droits de l'Homme.

"Les familles de victimes pourraient le cas échéant saisir la justice française", pour contester l'argument de "légitime défense" avancé par le gouvernement. Il est "issu de la charte des Nations Unies", explique Patrick Baudouin mais stipule qu'il doit être une réponse à "une agression armée".

La France a décidé de "frapper Daech (un acronyme en arabe du groupe EI) au nom de la légitime défense puisque Daech prépare depuis la Syrie des attentats contre la France", avait souligné dimanche Manuel Valls.

Valls sur une base militaire en Jordanie

Le Premier ministre français Manuel Valls a annoncé dimanche à Amman qu'il se rendrait lundi sur une base militaire jordanienne d'où décollent une partie des chasseurs français qui mènent des frappes aériennes contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie. "Nous aurons demain (lundi) l'occasion avec le ministre (français) de la Défense d'aller sur une base. (...) Nous partageons avec la Jordanie (...) les mêmes objectifs de paix, de sécurité et de stabilité pour la région", a déclaré Manuel Valls lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue jordanien Abdallah Nsour.

Il s'agit d'une base d'où partent des avions français qui mènent des frappes en Syrie. La France et la Jordanie sont engagées au sein de la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis contre le groupe EI.

S.A. avec J.T.