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Le Premier ministre turc compare Assad à Hitler

Le président syrien Bachar al-Assad le 15 janvier 2015 à Damas

Le président syrien Bachar al-Assad le 15 janvier 2015 à Damas - Sana - AFP

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a décliné toute négociation avec le président syrien Bachar al-Assad,  en affirmant que "serrer la main d'Assad revient à serrer la main d'Hitler".

La comparaison est sans appel. Alors que le secrétaire d'Etat américain John Kerry a évoqué un temps la possibilité de négocier avec le président syrien Bachar al-Assad, le Premier ministre turc a déclaré mardi que "serrer la main d'Assad revient à serrer la main d'Hitler".

"Aujourd'hui en dépit de tout les massacres qu'il a commis (...) Si vous vous mettez à la table (de négociations) avec al-Assad et vous lui serrez la main, l'Histoire ne le pardonnera jamais", a martelé Ahmet Davutoglu lors de son discours hebdomadaire devant les députés de son Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste).

"Serrer la main d'Assad revient à serrer la main d'Hitler, ou de (Sloban) Milosevic ou encore Radovan Karadzic"

Une référence au leader nazi et aux dirigeants nationalistes serbes, accusés de crimes de guerre en Bosnie.

Mise au point des Etats-Unis

Ces déclarations interviennent après que John Kerry eut déclaré dimanche qu'"au final, il faudra négocier" avec Bachar al-Assad pour mettre fin au conflit en Syrie qui a fait plus de 215.000 morts en quatre ans.

Une porte-parole du département d'Etat a depuis minimisé ces propos, précisant qu'il n'y avait eu aucune modification de la position américaine et qu'il "n'y a pas d'avenir pour un dictateur brutal comme Assad en Syrie".

Le Premier ministre turc s'est "félicité" de cette mise au point.

La Turquie, qui accueille officiellement 1,7 million de réfugiés syriens sur son sol, a pris fait et cause pour les rebelles en guerre contre le président syrien, sa bête noire. Lundi le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, avait jugé "inutile" de discuter avec le régime syrien.

M.G. avec AFP