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Manifestations de colère des Palestiniens après la décision de Trump sur Jérusalem

Des Palestiniens affrontent des forces israéliennes, le 7 décembre, à Béthléem.

Des Palestiniens affrontent des forces israéliennes, le 7 décembre, à Béthléem. - Thomas Coex - AFP

Au lendemain de la reconnaissance, par Donald Trump, de Jérusalem comme capitale d'Israël, de premiers heurts ont éclaté à Gaza, et en Cirsjordanie.

Jets de pierre, portraits de Donald Trump brûlés: les Palestiniens ont commencé à exprimer leur colère dans la rue, ce jeudi, contre la reconnaissance américaine de Jérusalem comme la capitale d'Israël, annoncée mercredi soir par le président américain.

Drapeaux brûlés et grève générale

Tandis que la décision du président américain Donald Trump continue de lui attirer la réprobation dans le monde entier, de premiers heurts ont été rapportés en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza, territoires séparés censés former un jour un Etat palestinien. A Gaza, des drapeaux israéliens et américains ont été brûlés, ainsi que des photos de Donald Trump. 

Les Palestiniens avaient appelé à une grève générale ce jeudi, largement suivie en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, et à des manifestations dans les territoires occupés pour protester contre cette annonce, tandis que le mouvement islamiste Hamas se prononçait pour une nouvelle intifada contre cette initiative potentiellement explosive.

Une photo de Donald Trump piétinée, à Gaza, le 7 décembre 2017.
Une photo de Donald Trump piétinée, à Gaza, le 7 décembre 2017. © Mohammed Abed - AFP

Jets de pierre et tirs

Sur le terrain, Palestiniens et soldats israéliens ont échangé jets de pierre et tirs de projectiles anti-émeutes à Hébron, poudrière du sud de la Cisjordanie, où quelques centaines de colons juifs vivent sous haute protection parmi des dizaines de milliers de Palestiniens. Signe d'une vigilance accrue, l'armée israélienne a annoncé le déploiement de bataillons supplémentaires en Cisjordanie, ce qui représente a priori plusieurs centaines de soldats.

Bethléem, Qalqilya, Jénine et les abords de Ramallah, en Cisjordanie, ont aussi été le théâtre de heurts sporadiques. Les secours ont dit avoir soigné deux blessés par balles en caoutchouc et 14 atteints par des lacrymogènes.

Dans la bande de Gaza, quatre Palestiniens ont été blessés par des tirs de soldats israéliens en allant, avec des dizaines d'autres, protester auprès de la barrière de béton qui ferme hermétiquement les frontières entre Israël et le territoire reclus, ont indiqué les autorités gazaouis.

Les regards vont désormais se tourner vers vendredi, jour de grande prière hebdomadaire sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, occasion de manifestations et de troubles dans les périodes de tensions.

Un acte "irresponsable"

Les dirigeants palestiniens revendiquent Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, comme la capitale de l'Etat auquel ils aspirent. Israël proclame tout Jérusalem, Ouest et Est, comme sa capitale "éternelle et indivisible". La communauté internationale s'est gardée de reconnaître Jérusalem comme capitale. Pour elle, la question du "statut final" de Jérusalem, l'une des plus épineuses en vue d'un règlement de ce vieux conflit entre Israéliens et Palestiniens, doit être négociée.

La décision américaine plonge la région "dans un cercle de feu", a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui s'emploie à mobiliser le monde musulman. Même le grand allié saoudien des Etats-Unis a parlé d'acte "irresponsable". Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence vendredi à la demande de huit pays, dont l'Egypte, la France et le Royaume-Uni.

Adrienne Sigel avec AFP