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Gaza: le processus de paix est bien mort

De la fumée s'échappe du ciel de Gaza après un raid israélien. Photo prise depuis la frontière israélienne ce mardi 8 juillet.

De la fumée s'échappe du ciel de Gaza après un raid israélien. Photo prise depuis la frontière israélienne ce mardi 8 juillet. - -

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a déclaré mardi que "tous les Israéliens" étaient devenus des cibles après un raid israélien contre une maison ayant tué deux enfants et cinq adultes à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Décryptage de notre spécialiste de géopolitique Harold Hyman.

"Tous les Israéliens sont des cibles!", c'est la phrase publiée, ce mardi, par le porte-parole du Hamas dans un communiqué. L'intention est funeste, et l'effet souhaité est atteint: la crainte, voire la haine, dans les cœurs Israéliens. Pendant ce temps, le gouvernement israélien lançait une offensive aérienne de grande envergure sur Gaza, tuant plus de douze Palestiniens, et ce n'est pas près de finir. Les habitants de Gaza ont le sentiment d'être des victimes - des cibles, en quelque sorte, tout le temps.

Le va et vient des frappes, des enlèvements meurtriers, des menaces, et certainement bientôt les actes terroristes palestiniens et des incursions de chars israéliens, vont confirmer que le processus de paix est bien mort. Sur son cadavre, il y a une lutte incessante qui exaspère toute personne rationnelle qui tenterait de vivre sur une terre irrationnelle.

L'ultra-droite israélienne veut détruire le Hamas sans regarder le prix

Le gouvernement Netanyahou ne sait pas s'il veut négocier dans le dur avec les autorités palestiniennes. Il voit Abbas, le Hamas, et les groupes armés comme des quasi-gangsters pirates qui doivent prouver leur valeur à chaque instant. Netanyahou est confronté sur sa droite à des va-t-en-guerre, qui voudraient envahir Gaza et le remettre sous tutelle militaire israélienne, écrasant ainsi toutes traces du Hamas. Cette même ultra-droite estime que l'État palestinien souverain ne doit jamais voir le jour. Ces ultras ont leur logique: tenir Gaza physiquement, éliminer le Hamas, et dormir tranquillement à Sderot la ville israélienne la plus bombardée de roquettes palestiniennes provenant de Gaza.

Les Israéliens auraient alors la paix, pour un temps. Ils auraient également un million de Palestiniens de plus à gérer, administrer, surveiller, réprimer. Un jour le poids redeviendrait trop lourd. Netanyahou le sait, et donc il réfrène son ultra-droite, mais il n'a aucun plan final.

Le Hamas cherche la guerre pour survivre

Le Hamas, lui, ne veut pas vraiment de paix négociée avec Israël. Cela diluerait le parti, et serait le triomphe de Mahmoud Abbas et de la méthode diplomatique. Il faudrait renoncer au délire d'expulser tous les juifs de la Palestine pré-1948.

À leur manière, les chefs du Hamas ont une logique: la résistance islamique à outrance empêche une mauvaise paix.

L'escalade, plan pour ceux qui n'ont pas de plan

La démonstration est faite: l'escalade est le recours de ceux qui n'ont pas de plan de sortie. Car le plan de paix, c'est une solution mathématique à l'équation de deux peuples sur une terre. Un découpage mathématique est faisable. Un décompte de population est possible. Une négociation ethnique, militaire, confessionnelle, économique, est envisageable. Ceux qui ne savent pas faire des calculs mathématiques tirent depuis les airs, déposent des bombes, exécutent des passants. Ces corps-là, on sait les compter.

Harold Hyman et spécialiste de géopolitique