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Présidentielle iranienne: qui sont les candidats?

Les huit candidats à l'élection présidentielle iranienne posant à l'issue d'un débat télévisé, le 31 mai 2013.

Les huit candidats à l'élection présidentielle iranienne posant à l'issue d'un débat télévisé, le 31 mai 2013. - -

Les Iraniens se rendront aux urnes, vendredi 14 juin, pour désigner le successeur du président Mahmoud Ahmadinejad, qui ne peut pas briguer un troisième mandat. Après quelques désistements, six candidats sont officiellement en lice pour ce scrutin. Portraits.

Qui pour succéder à Mahmoud Ahmadinejad à la présidence iranienne? Six candidats sont officiellement en lice pour l'élection du 14 juin, dont quatre conservateurs, après que deux candidats se sont retirés de la course, en ce début de semaine.

En mai, les candidatures de deux "modérés", Akbar Hachémi Rafsandani, ancien président, qui n'avait pas caché son soutien pour le "Mouvement vert" de 2009, et Esfandiar Rahim-Mashaïe, dauphin d'Ahmadinejad, avaient été écartées du scrutin par le Conseil des Gardiens de la Constitution. Tous deux étaient perçus comme une menace à l'autorité du Guide suprême, Ali Khamenei.

Aussi, quel qu'en soit le résultat, la vie politique iranienne ne devrait pas être chamboulée par ce scrutin, tant Khamenei a cherché à favoriser le camp conservateur mais aussi à affaiblir la responsabilité du président. Aperçu des six candidats en compétition et de ceux qui ont finalement renoncé.

> Les candidats en lice

• Saïd Jalili

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Âge: 47 ans
Parti: Front pour la stabilité de la Révolution islamique
Signe particulier: porte une prothèse de jambe

Négociateur en chef du dossier nucléaire, Saïd Jalili est le représentant direct d'Ali Khamenei au sein du Conseil suprême de la sécurité nationale. Il est d'ailleurs très proche du Guide suprême, dont il est le candidat favori. Conservateur et très pieux, il est partisan d'une politique étrangère agressive. Il est un vétéran de la guerre Iran-Irak, durant laquelle il a perdu une partie de sa jambe droite.

• Ali-Akbar Velayati

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Âge: 67 ans
Parti: Parti de la coalition islamique
Signe particulier: veut développer les relations avec l'Occident

Lui aussi très conservateur et proche de Khamenei, Ali-Akbar Velayati est le conseiller pour les affaires internationales du Guide suprême. En 2006, un juge argentin réclame un mandat d'arrêt international contre cet ancien ministre des Affaires étrangères, dans le cadre de l'enquête sur l'attentat de Buenos Aires, en 1994. Interpol a toutefois refusé de délivrer la notice rouge. Sur la question du nucléaire, il a indiqué qu'il suivrait "exactement" les directives de l'ayatollah Khamenei.

• Mohammad Ghalibaf

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Âge: 51 ans
Parti: Société islamique des ingénieurs
Signe particulier: maire de la capitale iranienne

Maire de Téhéran depuis 2005, Mohammad Ghalibaf prendra-t-il le chemin d'Ahmadinejad (qui occupait lui aussi cette fonction avant d'être élu président)? Son bilan à la tête de la capitale est plutôt positif: il est parvenu à remettre de l'ordre dans la ville, a lancé de grands chantiers de modernisation et d'amélioration des transports. Mais sous ses airs modérés, il est aussi un redoutable conservateur. Ancien chef de la police, il a multiplié les arrestations d'intellectuels et de journalistes et revendique avoir pris part à la répression des manifestations étudiantes de 1999 et 2003.

• Mohsen Rezaï

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Âge: 58 ans
Parti: Parti pour la modération et le développement
Signe particulier: sous mandat d'arrêt d'Interpol

Également conservateur, Mohsen Rezaï a été, pendant seize ans, le commandant en chef des Gardiens de la révolution islamique (le Pasdaran). Cet organe militaire dépendant du Guide suprême figure sur la liste officielle des organisations terroristes des Etats-Unis. Rezaï fait d'ailleurs l'objet d'un mandat d'arrêt international d'Interpol depuis 2007, pour sa possible participation à l'attentat de 1994 contre un centre culturel juif de Buenos Aires, qui fit 85 morts. Déjà candidat en 2009, il était arrivé troisième.

• Hassan Rohani

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Âge: 64 ans
Parti: Association du clergé militant
Signe particulier: est ayatollah

Contre toute attente, le seul représentant religieux - en l'occurrence, ici, un ayatollah - figurant parmi les candidats s'avère être plus modéré que ses adversaires. Ancien chef des négociateurs sur le nucléaire, Hassan Rohani a affiché sa volonté de restaurer des "relations constructives" entre l'Iran et l'Occident et critique fortement les désobéissances passées d'Ahmadinejad dans la crise du nucléaire. Avec le désistement de Mohammad Reza Aref, il devient le seul représentant officiel des courants modéré et réformateur. Il a reçu le soutien de l'ancien président Rafsandjani, écarté de ce scrutin par le Guide suprême.

• Mohammad Gharazi

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Âge: 71 ans
Parti: sans
Signe particulier: a vécu en France

Inconnu du grand public, malgré le fait qu'il ait exercé deux fois la fonction de ministre dans les années 80, Gharazi n'est affilié à aucun parti politique. Ce second candidat modéré, qui fut envoyé en exil en Iran par le gouvernement du Shah dans les années 70, ne devrait représenter aucun obstacle pour les candidats conservateurs.

> Les candidats qui ont abandonné

• Gholam Ali Haddad-Adel

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Âge: 68 ans
Parti: Mouvement des partisans de la Révolution islamique
Signe particulier: sa fille est l'épouse du fils du Guide suprême

Gholam Ali Haddad-Adel est aussi très proche du Guide suprême. Mais pour des raisons plus personnelles: sa fille est en effet mariée au fils d'Ali Khamenei. Toutefois, pas sûr que cette proximité familiale avec l'homme le plus puissant du pays aurait pu lui garantir une place de choix dans la course à la présidence. Ce député au parlement iranien, dont il a été le président, a donc annoncé son désistement lundi, pour "favoriser l'élection d'un conservateur".

• Mohammad-Reza Aref

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Âge: 62 ans
Parti: Front de participation à l'Iran islamique
Signe particulier: a étudié à Stanford

Ce réformateur qui fut soupçonné, dans les années 70, d'être un dissident (ce qui l'amena à partir étudier à Stanford, aux Etats-Unis), s'est finalement désisté mardi, au profit d'Hassan Rohani. Peu connu des Iraniens, il n'aurait de toute façon pas suscité la même mobilisation que les deux candidats de l'élection de 2009, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi.

Adrienne Sigel