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Egypte : les islamistes appellent à manifester contre le coup d’Etat

Des manifestants pro Morsi, le 5 juillet au Caire.

Des manifestants pro Morsi, le 5 juillet au Caire. - -

Les frères musulmans ont lancé dans un communiqué un mot d’ordre de manifestation vendredi, après le discours du chef de l'armée. La confrérie condamne "un appel explicite à la guerre civile".

Les Frères musulmans égyptiens ont condamné mercredi un "appel explicite à la guerre civile", après le discours du chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, en faveur de manifestations pour le soutenir face au "terrorisme".

Plus tôt, les Frères musulmans ont lancé dans un communiqué un mot d'ordre de manifestation vendredi à partir d'une trentaine de mosquées du Caire et à travers le pays, peu après un appel du chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, à descendre dans la rue le même jour pour le soutenir face au "terrorisme".

Un dirigeant de la confrérie, Essam el-Erian, a rejeté les "menaces" de l'armée, et assuré qu'elles ne dissuaderaient pas "des millions de gens de continuer à manifester" pour le rétablissement de Mohamed Morsi.

Une guerre contre le terrorisme

Le camp pro-Morsi a aussi prévu des rassemblements vendredi "contre le coup d'Etat", en référence à la déposition de Mohamed Morsi par les militaires le 3 juillet. Au Caire, des cortèges doivent partir d'une trentaine de mosquées et des manifestations sont aussi prévues en province.

Le groupe Tamarrod ("rébellion"), initiateur des manifestations monstres contre le président déchu du 30 juin dernier, a exprimé un soutien inconditionnel au chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, appelant "le peuple à se masser sur les places d'Egypte vendredi pour réclamer officiellement le jugement de Mohamed Morsi et soutenir les forces armées égyptiennes dans leur guerre à venir contre le terrorisme".

Une possible escalade

Ces déclarations martiales augurent d'une possible escalade, dans un contexte de tensions politiques exacerbées depuis près d'un mois, qui ont fréquemment dégénéré en violences meurtrières. Le général, également vice-Premier ministre et ministre de la Défense, a exhorté la population à "descendre dans la rue pour montrer sa volonté au monde, comme avant le 30 juin et le 3 juillet".

Depuis que le gouvernement a prêté serment, les Frères musulmans rejettent tout dialogue ou participation au nouveau pouvoir qui se met en place.La confrérie réclame le retour du président Morsi, faisant valoir qu’il était le premier chef de l’Etat démocratiquement élu.

L. B. avec AFP