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Afghanistan: Jean-Yves Le Drian va se rendre à Doha dès dimanche

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian (G) la ministre des Armées Florence Parly arrivent à la base 104 d'Al Dhafra, près d'Abou Dhabi le 23 août 2021

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian (G) la ministre des Armées Florence Parly arrivent à la base 104 d'Al Dhafra, près d'Abou Dhabi le 23 août 2021 - BERTRAND GUAY © 2019 AFP

Le chef de la diplomatie française va se rendre au Qatar pour évoquer une possible poursuite des évacuations.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian se rend dimanche et lundi au Qatar pour voir comment poursuivre les évacuations d'Afghanistan vers la France après le chaotique retrait américain fin août.

"On va essayer d'avancer avec les autorités qataries sur le moyen de poursuivre les évacuations à la fois de nos compatriotes qui restent en Afghanistan et des Afghanes et Afghans qui par leur combat, leur action antérieure sont aujourd'hui en danger à l'égard des talibans", a-t-il déclaré samedi sur la chaîne France 5.

Le chef de la diplomatie française a indiqué qu'il partirait dimanche pour Doha. Il s'entretiendra lundi avec des responsables qataris, a-t-on indiqué dans son entourage, sans plus de précisions.

Il reste "quelques Français, très peu" à évacuer vers la France et quelques centaines d'Afghans, menacés pour avoir eu des liens avec des institutions françaises ou pour leur rôle dans des domaines - culture, défense des droits de l'Homme - honnis des talibans, a-t-il dit.

Quarante-neuf ressortissants français toujours à Doha

Quarante-neuf ressortissants français et membres de leurs familles ont pu quitter Kaboul vendredi pour Doha, sur le deuxième vol d'évacuation organisé avec l'aide des Qataris depuis le départ des forces américains et la fin du point aérien occidental. Ces ressortissants se trouvaient toujours à Doha samedi. Ils doivent être ramenés en France sur un vol affrété par le ministère français des Affaires étrangères.

Le Qatar est très impliqué dans ces évacuations comme dans la relance de l'aéroport de Kaboul, qui a fermé après le retrait américain et tarde encore à rouvrir aux vols commerciaux. Doha, interlocuteur majeur des talibans, est ainsi devenu la capitale de la diplomatie sur l'Afghanistan. De nombreux ministres des Affaires étrangères s'y sont rendus depuis la fin août, de l'Allemand Heiko Maas à l'Américain Antony Blinken.

"On attend les talibans aux actes"

La France avait exfiltré près de 3000 personnes, dont 2600 Afghans, dans la deuxième moitié d'août via les Emirats arabes unis. Le chef de la diplomatie française a répété que les talibans n'étaient pas au rendez-vous des attentes internationales et qu'il n'était pas question dans ces conditions pour Paris de reconnaître leur gouvernement.

"La France refuse de reconnaître et d'avoir quelque relation que ce soit avec ce gouvernement", a-t-il martelé. "Ils mentent (sur toutes leurs promesses, ndlr) et pour l'instant les résultats ne sont pas là", a-t-il asséné. "On attend les talibans aux actes. Ils auront besoin d'un peu d'aération économique, ils auront besoin de relations internationales", a-t-il lancé.

Au total, plus de 123.000 personnes, principalement des Afghans, ont été évacuées lors du pont aérien, notamment par les États-Unis.

Par L.A avec AFP