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Mort de George Floyd: un juge fixe au 8 mars la date possible du procès

Photo de Derek Chauvin fournie le 31 mai 2020 par les autorités pénitentiaires du comté de Hennepin (Minnesota)

Photo de Derek Chauvin fournie le 31 mai 2020 par les autorités pénitentiaires du comté de Hennepin (Minnesota) - Handout, Hennepin County Jail/AFP

Les quatre policiers accusés de la mort de cet Afro-américain de 46 ans risquent jusqu'à 40 de réclusion.

Un peu plus d'un mois après la mort de George Floyd lors d'un contrôle policier à Minneapolis, un juge de la ville a espéré ce lundi pouvoir entamer le procès des policiers impliqués dans le meurtre de George Floyd le 8 mars 2021. Toutefois, ce dernier a menacé de le dépayser si les parties continuaient à s'exprimer dans les médias sur ce dossier qui a révolté l'Amérique.

"J'aimerais que la publicité avant le procès n'implique aucun communiqué des familles des parties, de leurs amis ou d'élus", a prévenu le magistrat Peter Cahill lors d'une audience très attendue dans cette ville du nord des Etats-Unis.

Jusqu'à 40 ans de réclusion

Placé en détention quelques jours après les faits, le principal suspect, Derek Chauvin, qui avant maintenu son genou appuyé sur le cou de George Floyd durant de longues minutes, a comparu par lien vidéo depuis une prison de haute sécurité, vêtu d'un costume orange de prisonnier et le visage couvert d'un masque.

Ses trois anciens collègues Alexander Kueng, Thomas Lane et Tou Thao, poursuivis pour complicité de meurtre, se sont présentés en personne devant le juge. Les deux premiers ont été remis en liberté conditionnelle contre le versement d'une caution de 750.000 dollars. Le dernier est toujours écroué mais a été transféré au tribunal pour cette audience. Les quatre hommes, qui ont tous été licenciés de la police, encourent jusqu'à 40 ans de réclusion.

Dans un document transmis après l'audience, l'avocat d'Alexander Kueng a fait savoir que son client avait l'intention de plaider "non coupable" et soutenir qu'il avait fait un "usage raisonnable de la force" pour se défendre. Les stratégies des autres accusés n'ont pas encore été dévoilées.

De fait, la ligne de défense des autres officiers semble peu à peu se dessiner. Deux de leurs avocats mettent l'accent sur la responsabilité de Derek Chauvin et soulignent que leurs clients, débutants, ont tenté à plusieurs reprises de venir en aide à la victime.

Le 25 mai dernier, les quatre agents avaient voulu arrêter George Floyd soupçonné d'avoir tenté d'écouler un faux billet de 20 dollars dans un commerce de Minneapolis.

Un procès depaysé?

Le drame, dont les images captées par une passante sont devenues virales, a suscité une vague de manifestations inédites depuis les grandes marches pour les droits civiques des années 1960, qui a même dépassé les frontières américaines.

Lors de l'audience, l'avocat de Derek Chauvin s'est plaint que de nombreux responsables, dont le maire de Minneapolis ou même le président Donald Trump, aient commenté l'affaire. "C'est un dossier qui présente un grand intérêt public", a reconnu Me Eric Nelson, "mais si ces déclarations continuent je demanderai à la justice" de les interdire, a-t-il menacé.

Le juge Peter Cahill, qui avait banni les caméras dans la salle d'audience, a lui aussi souhaité que l'affaire soit jugée au tribunal et non dans les médias. Sinon, il faudra dépayser le procès en dehors du comté de Hennepin, a-t-il déclaré.

Si le magistrat a fixé au 8 mars 2021 la date possible pour sa tenue. Celle-ci pourra toutefois être revue en fonction de l'avancée de la procédure.

"Procès équitable"

Le procureur Matthew Frank a assuré vouloir lui aussi "un procès équitable" et s'est engagé à recommander à la famille, aux élus et aux enquêteurs en charge du dossier de s'abstenir de commenter le dossier publiquement à l'avenir. Mais "je ne peux pas les y forcer", a-t-il reconnu.

Au même moment, à l'extérieur du palais de justice, un oncle de George Floyd a souhaité que le procès ne se tienne pas dans le Minnesota. "Je ne suis en colère contre personne", a déclaré à la presse Selwyn Jones, venu exprès du Dakota du Sud pour cette audience.

Mais pour lui le procès "ne sera pas juste" s'il a lieu dans cet Etat où la population noire est très minoritaire.

La prochaine audience a été fixée au 11 septembre.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier avec AFP Journaliste BFMTV