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Meurtres de Miss Honduras et de sa soeur: la mère accuse son beau-fils

Teresa Munoz pose devant un portrait de sa fille, Maria José, qui avait été élue Miss Honduras.

Teresa Munoz pose devant un portrait de sa fille, Maria José, qui avait été élue Miss Honduras. - Orlando Sierra - AFP

Le fiancé de la sœur de Miss Honduras est le principal suspect dans l'enquête sur le meurtre des deux jeunes filles. La mère des victimes partage les soupçons des policiers.

Qui a tué Miss Honduras, alias Maria José Alvarado, et sa soeur Sofia? Les deux jeunes filles, âgées de 19 et 23 ans, ont été retrouvées mortes le 19 novembre dernier, à demi-enterrées sur les berges d'une rivière, à une vingtaine de kilomètres du lieu où elles avaient disparu une semaine avant. Leur mère en est convaincue: Plutarco Ruiz, le petit ami de l'aînée Sofia et le suspect principal dans l'affaire, est coupable.

"Son deuil est un mensonge"

"Il n'y a pas pensé deux fois avant de les tuer, il ose dire qu'il est en deuil pour leur mort, mais c'est un mensonge", a déclaré Teresa Muñoz, interrogée par des journalistes dans le salon de sa maison de Santa Barbara, à 200 km au nord-est de la capitale. La mère de famille avait dans un premier temps porté plainte, accompagnée de son gendre le 15 novembre pour la disparition de ses filles.

Le jeune homme, rencontré par le quotidien britannique Daily Mail, réfute en bloc pour sa part les accusations de la police et des proches des victimes. "Je ne vais pas me déclarer coupable, c'est un mensonge. Je ressens de la douleur comme toute personne ayant perdu quelqu'un avec lequel il a passé du temps... je porte le deuil de Sofia." Devant les caméras, il n'a pourtant cessé d'arborer un sourire narquois depuis son arrestation.

"Celui qui parle, je vais le tuer"

Selon les enquêteurs, Sofia Alvarado aurait dansé avec un autre homme lors de la fête d'anniversaire de Plutarco Ruiz, ce qui aurait irrité ce dernier, le poussant à la tuer d'une balle dans la tête. Alors que Maria José se serait penchée sur sa grande soeur blessée, il l'aurait également abattue de deux balles dans le dos. La police a arrêté Plutarco Ruiz ainsi que son ami Aris Maldonado et les propriétaires du local où a eu lieu la fête, Ventura Díaz et sa femme Elizabeth, qu'elle soupçonne de complicités.

De nombreuses preuves matérielles ont été retrouvées par les enquêteurs, comme les serpillères qui ont servi à éponger et nettoyer le sang sur la piste de danse du local où se déroulait la soirée, et certains témoignages sont accablants pour le jeune homme, considéré comme un petit caïd local.

Un pays ultra-violent pour les femmes

La mère des soeurs assassinées explique que depuis qu'elle l'a appelé au téléphone la première fois, elle a commencé à le soupçonner du double meurtre. "Je sentais dans mon coeur qu'il cachait quelque chose", a-t-elle confié, rappelant que les journaux locaux avaient rapporté qu'après le meurtre, Plutarco Ruiz aurait menacé les convives de la fête, leur disant qu'"ici il ne s'est rien passé et celui qui parle, je vais le tuer". "Les autorités doivent lui donner la peine maximale parce qu'il a tué deux jeunes. Qu'aucun avocat ne défende ce délinquant... Qu'ils le gardent dans un endroit bien sûr, pour qu'il ne s'échappe pas", a imploré Teresa Muñoz.

Miss Honduras, étudiante en informatique, avait récemment confié dans une interview vouloir devenir diplomate, pour changer l'image négative de son pays, rappelle Le Monde. Son assassinat brutal et celui de sa soeur est venu mettre en lumière cette nation méconnue et rongée par la violence. Au Honduras, une femme est assassinée toutes les 14 heures, selon le quotidien, et 98% de ces meurtres restent impunis.

Alexandra Gonzalez avec AFP