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"Maman je t'aime": un document de justice révèle les derniers mots prononcés par George Floyd

Un manifestant porte une pancarte à l'effigie de George Floyd, le 30 mai 2020 à Denver, dans le Colorado, avec ses derniers mots: "Je ne peux pas respirer"

Un manifestant porte une pancarte à l'effigie de George Floyd, le 30 mai 2020 à Denver, dans le Colorado, avec ses derniers mots: "Je ne peux pas respirer" - Jason Connolly © 2019 AFP

Une retranscription tirée des caméras individuelles des policiers accusés du meurtre de George Floyd révèle les derniers mots de la victime. Il a répété plus de 20 fois qu'il ne pouvait pas respirer.

"Ils vont me tuer." George Floyd, un américain noir de 46 ans, est mort le 25 mai lorsqu'un policier blanc a appuyé son genou sur son cou pendant près de neuf minutes alors qu'il était menotté à plat ventre. Au cours de cette interpellation mortelle, il a répété plus de vingt fois qu'il ne pouvait pas respirer et que les policiers qui le maintenaient au sol allaient le "tuer".

Une vidéo filmée par un passant - et devenue virale après sa mort - laisse entendre les cris de douleur de la victime. Mais une retranscription tirée des caméras individuelles des policiers impliqués, déposée mardi auprès d'un tribunal du Minnesota par l'un d'entre eux, révèle de nouveaux détails sur ce drame.

"Dis à mes enfants que je les aime"

Lors de son arrestation, George Floyd a supplié les agents de ne pas le placer dans le véhicule de police car, disait-il, il était claustrophobe et en difficulté physique. Tandis qu'ils tentaient de l'y faire entrer de force, Floyd a crié qu'il ne pouvait pas respirer et qu'il allait "mourir là-dedans".

Puis, d'après la retranscription, il a soupiré: "Maman je t'aime. Dis à mes enfants que je les aime. Je suis mort". Il a mentionné sa mère et ses enfants à plusieurs reprises par la suite et a répété plus de vingt fois: "Je ne peux pas respirer".

Les policiers lui disent alors de "se détendre", qu'il "va bien" et qu'il "parle normalement". Lorsque George Floyd répète une nouvelle fois qu'ils vont le tuer, Derek Chauvin - inculpé de meurtre pour s'être agenouillé sur le cou de Floyd - lui rétorque en criant: "Alors arrête de parler, arrête de crier, ça nécessite une sacrée quantité d'oxygène de parler".

"Ils vont me tuer"

Et la victime de marteler: "Ils vont me tuer. Ils vont me tuer. Je ne peux pas respirer."

Cette retranscription a été déposée par le policier Thomas Lane pour tenter d'obtenir du juge un abandon des poursuites pour complicité de meurtre contre lui. Des inculpations identiques pèsent sur les deux autres policiers, Alexander Kueng et Tou Thao.

Les quatre policiers ont été renvoyés dès le lendemain de la mort de Floyd. Ils risquent tous jusqu'à 40 ans de prison. Floyd avait été arrêté ce jour-là pour avoir tenté d'utiliser un billet de 20 dollars contrefait. Sa mort a suscité de très nombreuses manifestations aux Etats-Unis et dans le monde contre le racisme et les brutalités policières.

AL avec AFP