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Mali : Hollande annonce un retrait partiel des forces françaises dès le mois d’avril

Le retrait des troupes françaises du Mali doit commencer au mois d'avril prochain.

Le retrait des troupes françaises du Mali doit commencer au mois d'avril prochain. - -

En déplacement mercredi à Varsovie en Pologne, François Hollande a annoncé un retrait partiel des soldats français au Mali dès le mois d’avril prochain. Il également rendu hommage au 4e soldat tombé mercredi, tout en soulignant l’anéantissement « de chefs terroristes ».

Le retrait des troupes françaises du nord du Mali devrait débuter dès le mois d’avril prochain, a annoncé François Hollande depuis Varsovie, en Pologne, où il était en déplacement. « Nous sommes dans la phase ultime de notre engagement au Mali. C’est la phase la plus difficile. Elle va durer jusqu’au mois de mars et à partir du mois d’avril il y aura une diminution du nombre de soldats français au Mali ». Le chef de l’Etat a également rendu hommage au brigadier-chef Wilfried Pingaud, 37 ans, du 68e régiment d'artillerie d'Afrique de La Valbonne dans l'Ain, tué mercredi, le 4e depuis le début de l’opération Serval.
François Hollande a enfin annoncé que des « chefs terroristes » ont été « anéantis » dans le massif des Ifoghas, dans l'extrême nord du Mali, sans pour autant préciser s'il s'agit d'Abou Zeid et de Mokhtar Belmokhtar, dont la mort a été annoncée par les autorités tchadiennes.

« Des opérations de fouilles très difficiles »

La phase ultime de l’engagement français au Mali « est la plus difficile », a prévenu le président. En effet, deux soldats français ont déjà trouvé la mort dans le massif des Ifoghas, où les islamistes fondamentalistes sont repliés.
Une difficulté que confirme Jean-Vincent Brisset, spécialiste des questions de défense à l'Institut des relations internationales et stratégiques. (IRIS) : « Les soldats ont été tués dans des opérations de fouilles très difficiles où il y a des grottes dans lesquelles il faut sortir les gens qui s’y cachent. Pour le moment ce sont les Français et les Tchadiens qui participent à ces opérations. Les Tchadiens ont déjà perdu une trentaine d’hommes. Vous avez des gens qui sont un peu acculés dans les reliefs, mais qui voient venir l’adversaire. Il y a toujours des risques car on ne les voit qu’à la dernière minute, et ils peuvent se défendre ».

« Le retrait en avril est un compromis »

Pour Jean-Pierre Maulny, vice-directeur de l'Institut des relations internationales et stratégiques, le choix du mois d’avril pour débuter le retrait des troupes françaises du Mali est une sorte de compromis. « Il fallait assurer la plus grande sécurité possible pour l’armée malienne et donc neutraliser le plus grand nombre de terroristes mais dans un temps limité, explique ce spécialiste. L'un des risques de cette opération, c’est qu’elle dure dans le temps. Si elle dure trop longtemps, vous ne verrez pas de relais de l’armée malienne et les forces françaises finiront par être considérées comme des forces d’occupation ».

« Un retrait progressif pour passer la main aux Maliens »

« On ne va pas partir totalement, relativise Jean-Pierre Maulny. Ce sera un retrait progressif et on va passer la main aux forces maliennes et aux autorités à Bamako. Mais on sait que les élections n’auront pas lieu avant cet été. Donc on sera certainement en soutien et en relais tant que cette gouvernance ne sera pas en place à Bamako. Mais de toute façon, il n’est pas bon que nous restions en première ligne. Il fallait trouver le juste moment pour se retirer ».

Tugdual de Dieuleveult avec M.Bodrero