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Mali : des élections pour la paix

7 millions d'électeurs étaient appelés à voter.

7 millions d'électeurs étaient appelés à voter. - -

Les Maliens ont voté dimanche pour élire leur nouveau président. En France, 30 000 Maliens étaient attendus aux urnes, mais le scrutin a été entaché d’irrégularités. Les expatriés espèrent que le nouveau président saura amener la paix.

Le nom du nouveau Président malien ne devrait pas être connu avant le milieu de semaine. Le second tour de la présidentielle au Mali s’est en effet tenu dimanche, où 7 millions d'électeurs sur place et près de 30 000 en France étaient attendus aux urnes pour départager le favori, Ibrahim Boubacar Keïta - dit IBK -, et Soumaïla Cissé.
Cette élection intervient après un an et demi de chaos avec attaque des rebelles touaregs dans le Nord du pays, coup d'état militaire et intervention armée de la France. Le nouveau président devra superviser une enveloppe de 3 milliards d'Euros d'aides internationales pour reconstruire le pays.

Confusion à Paris

En France, l'élection présidentielle s'est déroulée dans une grande confusion, au premier comme au second tour. Beaucoup de Maliens n'ont pas obtenu leur carte d'électeur à temps, ou ne savaient pas dans quel bureau de vote ils étaient inscrits. A l'ambassade du Mali à Paris, où les Maliens sont venus voter en nombre, des soupçons de fraude ont troublé le scrutin : un homme est accusé d'avoir eu plus de 60 cartes d'électeurs sur lui. L'ambassade a porté plainte pour détention illégale de cartes.

« Le président élu sera-t-il légitime ? »

« Je m’attendais à voir des scènes comme ça », regrette Lamine Diaby, un assesseur qui regrette malgré tout ces incidents. « Depuis le départ, ce sont des élections précipitées, parce qu’on subit la pression de la communauté internationale, donc il fallait passer à tout prix aux élections. On a voulu passer à la nouvelle carte d’électeurs pour éviter les fraudes, mais malgré cela, on voit qu’il y a des choses qui ne tournent pas rond. Le président qui sera élu sera-t-il légitime ? »

« Que le Mali puisse vivre en paix »

Les couacs, en effet, ont été nombreux. Ainsi, Djibril s’est déplacé pour voter mais a rencontré un problème. « Je suis arrivé là-bas, ils ont trouvé que quelqu’un avait voté à ma place, je ne peux plus voter », regrette-t-il. Aminata, elle aussi, est déçue par le déroulement du vote mais attend justement beaucoup du nouveau président. « Très décevant, c’est pour ça qu’on a besoin de quelqu’un qui doit redresser tout ça, mettre les compétences où il faut, et ça nous permettra d’aller de l’avant et éviter ce genre de couacs ». Une fois le président élu, Mamadou compte sur lui, avec une priorité absolue : « Avant tout la paix, par rapport à la situation du Mali aujourd’hui. Que le Mali puisse vivre en paix comme avant. On ne sent pas du Nord, du Sud, mais simplement malien ».

« On se dit que ça va changer »

Alassane Camara, originaire de Bamako et en France depuis plus de 20 ans, attend aussi beaucoup du futur président, et a les mêmes priorités : « C’est la sécurité, à cause du conflit qui a eu lieu au Nord. Ce conflit, sans l’intervention de la France, aurait conduit à la destruction du Mali. Si c'est arrivé, c’est parce qu’on avait une armée qui n’était pas à la hauteur. Donc la priorité, c’est quand même ça. J’ai mes parents et des frères et sœurs au Mali, ça m’inquiète. Comme beaucoup de maliens, j’ai la télévision du Mali chez moi, quand on voit ce qu’il se passe, on ne peut pas être rassurés. C’est ce qui me motive pour voter, on se dit que ça va sûrement changer ».

M. Chaillot avec Charlotte Gauthier