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Législatives en Suède: l'extrême droite réalise une poussée mais pas de percée historique

Le parti anti-immigration des Démocrates de Suède remporterait entre 16,3 et 19,2% des voix.

La poussée des populistes en Suède n'est pas aussi forte qu'annoncée. Un sondage de sortie des urnes, publié par la télévision publique, donne le parti d'extrême-droite en deuxième position derrière les sociaux-démocrates. Le parti anti-immigration des Démocrates de Suède, porté par Jimmie Åkesson, remporterait entre 16,3 et 19,2% des voix. La coalition de centre-gauche serait crédité de 36,4 à 41% des suffrages.

Ces chiffres sont à prendre avec prudence. Un premier sondage, diffusé sur une chaîne de télévision privée, donnait le parti populiste en troisième position. Les sociaux-démocrates obtiendraient 25,4% des voix, soit 5,5 points de moins qu'il y a quatre ans, leur plus mauvais score depuis plus d'un siècle. Ils seraient sanctionnés pour sa politique migratoire qui a vu l'arrivée en 2015 de 160.000 demandeurs d'asile, un record en Europe rapporté au nombre d'habitants. Le parti anti-immigration des Démocrates de Suède serait crédité de 16,3% des suffrages, 3,4 points de plus que son score précédent.

"Un score énorme"

Qu'elle soit deuxième ou troisième, l'extrême-droite fait moins bien que prévue. Les Démocrates de Suède (SD) étaient crédités, avant le vote, d'environ 20% des suffrages, en hausse de sept points depuis les législatives de 2014. Les écarts d'un institut d'opinion à l'autre sont vertigineux (près de 10 points), l'institut YouGov les donnant à 25%. Pour autant, le parti réalise une forte progression.

"C'est un score énorme, quelque soit l'issue, 16% c'est énorme pour la Suède, analyse Marie-Cécile Naves, politologue et chercheuse associée à l'IRIS. La dernière fois, on était à 10% et quelques années avant à 5%."

Les conservateurs obtiendraient entre 17,8% et 18,4%, beaucoup moins bien qu'en 2014 où ils avaient recueilli 23% des suffrages. D'après ces enquêtes, le bloc "rouge-vert" sortant et l'opposition "bourgeoise" (du centre et de la droite) sont au coude-à-coude et d'intenses tractations seront nécessaires pour trouver une majorité, ou la moins faible des alliances.

"Collaborer au-delà des blocs"

Critiqué tout azimuts sur son bilan migratoire et social, Stefan Löfven apparaît personnellement fragilisé par quatre années d'un mandat tumultueux qui a vu l'arrivée en 2015 dans le pays scandinave de 160.000 demandeurs d'asile, un record en Europe rapporté au nombre d'habitants. Ancien métallo de 61 ans, le Premier ministre a perdu des électeurs sur sa gauche et sur sa droite, les uns lui reprochant d'avoir laissé grand ouvertes les portes du pays aux demandeurs d'asile, les autres de les avoir aussitôt refermées.

Et ses chances de reformer une coalition - de toute façon minoritaire - pourraient être compromises malgré la poussée du Parti de gauche qui le soutient au parlement, si son partenaire écologiste au gouvernement passait sous le seuil des 4% requis pour envoyer des députés sur les bancs du Riksdag, le parlement suédois. En l'absence d'une claire légitimité issue des urnes, "nous sommes prêts à collaborer au-delà des blocs", à l'exception de l'extrême droite, s'est avancé le patron des sociaux-démocrates au parlement, Anders Ygeman

J.C. avec AFP