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Le président des Philippines promet à Dieu qu'il ne dira plus de gros mot

Rodrigo Duterte lors de son dernier meeting de campagne, le 7 mai 2016, à Manille.

Rodrigo Duterte lors de son dernier meeting de campagne, le 7 mai 2016, à Manille. - Mohd Rasfan - AFP

Président des Philippines depuis le printemps, Rodrigo Duterte s'est rendu célèbre pour sa politique sécuritaire sanglante et sa façon très libre d'insulter à peu près tout le monde. Mais il vient de déclarer avoir promis à Dieu qu'il serait plus poli à l'avenir.

Le Rodrigo Duterte nouveau est-il arrivé? Le président philippin, dont la politique antidrogue fait couler autant de sang que d’encre, était jusqu’ici connu pour ses écarts de langage. Et "écart" est un doux euphémisme.

Un palmarès fourni

Avant même son élection, c’était d’abord le pape François que Rodrigo Duterte avait qualifié de "fils de pute" à cause des embouteillages générés sur l’archipel par sa venue. Il avait ensuite traité sa propre fille de "drama queen" ("chochotte" en français) lorsqu’elle avait voulu désamorcer une polémique née d’une blague très déplacée faite par son père au sujet du viol et du meurtre d’une religieuse australienne en 1989 à Davao, ville dont il était alors maire.

L’été dernier, cette fois après avoir pris ses fonctions de chef de l’Etat, il avait réservé à l’ambassadeur américain le même nom d’oiseau qu’au pape, assorti d’une attaque dirigée contre l’orientation sexuelle supposée de l’intéressé. C’est ensuite Barack Obama, lui-même, qui avait fait les frais de l’insulte à la veille d’un sommet international. Il y a quelques semaines, à l’issue d’un meeting, Rodrigo Duterte a fièrement dressé son majeur à l’attention du parlement européen qui venait de dénoncer le nombre de morts après des opérations de police dans son pays. Le tout, sans oublier un parallèle qu'il n'a pas hésité à tracer entre sa personne et Hitler. 

"Si tu ne cesses pas de jurer, je fais crasher cet avion!"

Mais tout ça, c’est du passé, promet à présent l’impénitent jureur. Il faut dire que Rodrigo Duterte vient de rencontrer Dieu, rapporte ce vendredi le Wall Street Journal. C’est le patron de l’exécutif philippin qui l’a raconté lui-même lors d’une conférence de presse.

Sa version des événements est la suivante:

Cette semaine, au cours d’un vol le ramenant à Manille après un séjour chez le voisin japonais, Rodrigo Duterte veille, quand tous les membres de son équipe dorment. Le voyage a été éprouvant et il est très tard. C’est alors, tandis que l’avion évolue dans les cieux, que Rodrigo Duterte entend une voix lui dire:

"Si tu ne cesses pas de jurer, je fais crasher cet avion !". L’homme politique reconnaît là la voix de Dieu et lui assure en retour qu’il renonce "à l’argot, aux gros mots, etc." 

Pendant la conférence de presse, Rodrigo Duterte a ajouté devant les journalistes qu’une "promesse faite devant Dieu (était) une promesse faite devant le peuple philippin". Cette intervention divine sera en tout cas tout ce qu’il y a de plus opportune pour soigner les relations internationales, écornées par les sorties sulfureuses à répétition, de l’Etat dont Rodrigo Duterte conduit les destinées.

Robin Verner