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Le Parti pirate islandais n'obtient pas la majorité lors des législatives

Un bureau de vote en Islande le 29 octobre 2016

Un bureau de vote en Islande le 29 octobre 2016 - Halldor Kolbeins - AFP

Les Pirates islandais ont réalisé samedi une percée lors de législatives anticipées qui ont sanctionné la droite sortante mais sans assurer de majorité à l'opposition, selon des résultats partiels.

Les sondages avaient prédit une forte poussée des "Piratar" à l'issue de ce scrutin à un tour convoqué avant la fin de la mandature du fait de la démission du Premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson, seul chef de gouvernement au monde victime des Panama Papers.

"Prendre le pouvoir aux puissants"

"Nous sommes très satisfaits", a réagi la "capitaine" des Pirates, Birgitta Jonsdottir, comparant ses supporters et militants à des "Robin des Bois" parce que "nous voulons prendre le pouvoir aux puissants pour le donner au peuple".

Improbable casting de hackers, militants écolos ou libertaires, le parti ne fait cependant pas aussi bien que le laissaient entendre certaines enquêtes, victime de sa popularité chez les jeunes qui sont les moins enclins à aller voter.

De 3 à 9 députés sur 63

Avec 14% des suffrages, il passerait de 3 à 9 députés sur 63, devenant ainsi la troisième formation politique de cette île de l'Atlantique Nord ancrée à droite depuis l'indépendance en 1944, selon un comptage qui restait encore très partiel en milieu de nuit.

Créé en 2012, le parti Pirate, dont l'emblème est un pavillon marin floqué d'une morue salée et le quartier général un bateau ancré dans le port de Reykjavik, entend revigorer la démocratie, redistribuer le revenu des ressources naturelles, refinancer la santé et lutter contre la corruption.

Ensemble, les Pirates et les trois partis de centre-gauche avec lesquels ils ont scellé un accord pré-électoral de gouvernement devraient obtenir 28 sièges sur les 32 requis pour la majorité absolue à l'Althingi, le Parlement monocaméral islandais.

600 Islandais dans les Panama Papers

Parmi les noms des 600 Islandais figurant dans le scandale des Panama Papers -un record mondial rapporté aux 332.000 habitants- figurent ceux de deux ministres en plus du chef du gouvernement. Ce dernier avait démissionné mais le cabinet s'était maintenu, à peine remanié, promettant des élections à l'automne six mois avant l'échéance régulière. 

Les "Panama" ont aussi emporté le président Olafur Ragnar Grimsson qui a renoncé à briguer un sixième mandat, le nom de son épouse apparaissant sur les listes. Gudni Johannesson, un universitaire au casier politique vierge, lui a succédé.

Céline Hussonnois-Alaya avec AFP