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Le gouvernement australien veut tuer 2 millions de chats errants pour préserver sa biodiversité

Chat errant. (Photo d'illustration)

Chat errant. (Photo d'illustration) - MANDEL NGAN / AFP

L'exécutif australien a déterminé ces derniers jours une opération visant à tuer deux millions de chats errants sur son sol d'ici à 2020. On reproche à ceux-ci de décimer des espèces d'oiseaux et de lézards, indispensables à la fertilité des sols.

C'est une nouvelle étape dans la guerre déclarée par l'Australie contre les espèces animales perçues comme invasives. A l'été 2017, un plan était annoncé pour réduire drastiquement une population pléthorique de lapins de garenne, dont on relevait alors 200 millions de spécimens. Et ce samedi, à la suite du New York Times, la presse anglo-saxonne se fait l'écho de la détermination du gouvernement à tuer deux millions de chats errants d'ici à 2020. 

L'exécutif de Canberra espère notamment éliminer intégralement les chats errants de cinq îles et créer dix espaces sur le continent entièrement dépourvus de ces nomades félins. 

Le modus operandi a également été arrêté: des saucisses empoisonnées seront lancées sur le Bush depuis les airs. Les autorités injecteront dans ces saucisses, composées de viande de kangourou, de graisse de poulet mais aussi d'épices et d'herbes, un poison appelé le 1080. Il s'agit d'une substance très contrôlée en Australie, employée ici car les chats ne sont pas immunisés contre elle.

Hécatombes 

Pourquoi cette élimination de masse? Au nom de la biodiversité et de la terre, répond le gouvernement australien. D'après les chiffres avancés, les chats errants tuent 377 millions d'oiseaux et 649 millions de reptiles, principalement des lézards, par an, chaque chat tuant 225 reptiles dans l'année. 11 espèces menacées sont particulièrement vulnérables aux chats. Parmi les victimes préférées de ces derniers, beaucoup permettent de préserver la fertilité des sols. 

Le choix radical opéré par l'exécutif australien ne plaît naturellement pas aux défenseurs des animaux. Direct Action Everywhere, une association américaine plaidant pour les droits des animaux, a pris position publiquement. Cité par le Daily Mail, Wayne Hsiung, l'un de ses cadres, s'est d'abord montré sarcastique sur Facebook, décrivant l'initiative australienne comme "dérangeante et ironique" dans la mesure où "les êtres humains sont de loin l'espèce la plus invasive". Il a surtout regretté que, d'après lui, "aucun effort significatif n'ait été fait pour réduire l'impact de ces chats sur la vie sauvage par des moyens non-violents". En-dehors d'une politique de stérilisation, il a posé la possibilité de "prendre des sanctions plus fortes contre les gardiens abandonnant leurs chats". 

Robin Verner