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Le Bangladesh envisage des stérilisations dans les camps de réfugiés rohingyas

Un réfugiée rohingya discute avec une employée du planning familial bangladais à Palongkhali, au Bangladesh, le 24 octobre 2017

Un réfugiée rohingya discute avec une employée du planning familial bangladais à Palongkhali, au Bangladesh, le 24 octobre 2017 - TAUSEEF MUSTAFA, AFP

Malgré les distributions de contraceptions, les rohingyas continuent de faire des enfants, ce qui pose un réel problème dans les camps de réfugiés où ils vivent au Bangladesh.

Face à l'échec des distributions de contraceptifs parmi les réfugiés rohingyas, le Bangladesh réfléchit à une campagne de stérilisations volontaires pour limiter l'explosion démographique dans les camps, miséreux et surpeuplés.

Quelque 900.000 musulmans rohingyas de Birmanie s'entassent dans des cités de tentes dans le sud du Bangladesh, où plus de 600.000 d'entre eux sont arrivés depuis fin août pour fuir ce que l'ONU considère comme une épuration ethnique.

Quelque 20.000 femmes rohingyas seraient actuellement enceintes et 600 auraient accouché depuis leur arrivée au Bangladesh, selon un décompte des autorités, ce qui ne ferait qu'aggraver la situation dans les camps.

Vasectomies et ligatures de trompes sur la base du volontariat

Le planning familial bangladais réfléchit donc à des méthodes plus radicales: il a sollicité du gouvernement la permission de pratiquer des vasectomies et des ligatures de trompes, sur la base du volontariat ; et un comité sanitaire doit encore donner son feu vert.

Marginalisés depuis des décennies en Birmanie, les Rohingyas étaient de fait interdits d'accès aux hôpitaux et aux écoles. Et ils n'ont bénéficié d'aucune éducation sexuelle.

Farhana Sultana, une employée du planning familial qui a interrogé des centaines de femmes rohingyas, relate avoir eu comme réponse par beaucoup que le contrôle des naissances constituait un "péché".

"Une grossesse est aussi vue comme une protection contre le viol ou les agressions. Certains nous ont dit que si une femme était enceinte, elle avait moins de chance d'être visée par les militaires ou les assaillants", affirme-t-il, en référence aux nombreux récits de viols en Birmanie rapportés par les réfugiés.

S.Z avec AFP