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Jihadistes de Daesh: les Etats-Unis frappent pour la 1ère fois en Syrie

Missile Tomahawk tiré d'un bâtiment américain en 2011. (Illustration)

Missile Tomahawk tiré d'un bâtiment américain en 2011. (Illustration) - AFP

CARTE INTERACTIVE - L'armée américaine et ses "partenaires" ont commencé à bombarder des positions de l'Etat islamique en Syrie, mardi matin.  Au moins 120 jihadistes ont été tués, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

L'armée américaine et des "partenaires" ont mené pour la première fois, dans la nuit de lundi à mardi, des raids contre des positions du groupe Etat islamique en Syrie, a annoncé le Pentagone. C'est un tournant dans la lutte contre les jihadistes extrémistes du groupe Etat islamique, dont le centre de commandement se trouve en Syrie, et qui usent des vastes portions de territoire qu'ils y ont conquis comme base de départ de leurs offensives dans l'Irak voisin. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), au moins 120 jihadistes de l'EI ont été tués et quelque 300 autres ont été blessés.

> Quels moyens sont mis en oeuvre?

"Je peux confirmer que l'armée américaine et des forces de nations partenaires mènent une action militaire contre les terroristes de l'EI (Etat islamique) en Syrie au moyen d'avions de chasse, de bombardiers et de missiles Tomahawk", indique le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby, dans un communiqué.

> Où se situent les cibles?

Peu d'informations ont filtré mais selon le New York Times, la ville de Racca, qui est de facto le centre du pouvoir de l'EI, a été visée de même que la frontière, très poreuse, entre la Syrie et l'Irak. Selon l'OSDH, "près de 20 frappes ont été menées (...), à Racca et près des localités de Tabqa, Aïn Issa et Tall Abyad, faisant des morts parmi les jihadistes".

> Qui sont les "partenaires" des Américains?

Selon le New York Times "plusieurs pays arabes alliés y ont participé" et la chaîne de télévision ABC précise qu'il s'agit du Bahrein, du Qatar, de la Jordanie, de l'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis.

> Damas a-t-il un rôle à jouer dans cette offensive?

Sans jouer à proprement parler de rôle dans ces frappes, sinon passif, le régime syrien a indiqué par la voix de son ministre des Affaires étrangères qu'il a été prévenu de l'organisation de frappes aériennes sur son sol. "Les Américains ont informé le représentant de la Syrie auprès des Nations Unies que des frappes allaient être menées contre l'organisation terroriste Etat islamique à Raqa (nord)", a indiqué le ministère cité par la télévision d'Etat.

> Quel est l'objectif de ces frappes?

Le président américain Barack Obama avait prévenu le 10 septembre, dans un discours solennel, qu'il se réservait le droit de frapper l'Etat islamique y compris dans son sanctuaire syrien. "Notre objectif est clair: nous affaiblirons, et, à terme, détruirons l'EI", avait dit le président, estimant que les jihadistes sunnites appartiennent à "une organisation terroriste qui n'a d'autre vision que le massacre de tous ceux qui s'opposent à elle". Depuis lors, le président Obama et son secrétaire d'Etat, John Kerry ont oeuvré pour monter une coalition la plus internationale et la plus légitime possible.

Plusieurs dizaines de pays ont offert de participer d'une manière ou d'une autre au combat contre l'EI, y compris une dizaine de pays arabes. La France est pour l'heure le seul allié à avoir bombardé des positions de l'EI en Irak la semaine dernière.

>> Quelle est la situation sur place ? Retrouvez sur notre carte le territoire contrôlé par Daesh, les bombardements alliés et les camps de réfugiés entre l'Irak et la Syrie.

D. N. avec AFP