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J-1 avant un nouveau "super mardi" des primaires américaines

Donald Trump lors d'un discours à Boca Raton en Floride, le 13 mars 2016

Donald Trump lors d'un discours à Boca Raton en Floride, le 13 mars 2016 - RHONA WISE , AFP

Un jour de primaires en forme de référendum pour ou contre Donald Trump: des millions d'électeurs américains voteront mardi pour l'investiture à la présidentielle, au moment où le milliardaire est accusé d'inciter à la violence. Tout le week-end a été dominé non par des débats sur l'immigration ou les impôts mais exclusivement par le favori républicain Donald Trump, et son attitude face à la montée des heurts dans ses rassemblements.

Interrompu systématiquement par des manifestants, notamment noirs et hispaniques, qui dénoncent son langage incendiaire et ses déclarations jugées racistes ou hostiles aux immigrés, l'homme d'affaires double la mise et répond par le défi, allant jusqu'à se plaindre que la sécurité ne puisse pas expulser les fauteurs de trouble "comme au bon vieux temps".

Un "menteur pathologique" pour Sanders

La démocrate Hillary Clinton l'avait accusé plus tôt "d'inciter à la violence en parlant à son auditoire de frapper les gens, en leur proposant de payer leurs frais d'avocats". "Donald Trump est un menteur pathologique", a lancé pour sa part l'autre démocrate Bernie Sanders, dont des partisans se sont infiltrés et heurtés à ceux du milliardaire vendredi à Chicago, après l'annulation du meeting par le candidat. Il a démenti que sa campagne avait organisé les perturbations, ce dont Donald Trump l'accusait en le menaçant de faire de même avec ses propres partisans.

Primaires américaines : sondages
Primaires américaines : sondages © Kun TIAN, Gillian HANDYSIDE, Paul DEFOSSEUX, AFP

Les trois autres candidats républicains ont lâché Donald Trump, qui refuse d'appeler au calme.

"Il a créé une atmosphère très toxique" a lancé John Kasich, gouverneur de l'Ohio, dimanche sur CBS.

"Dans toute campagne, la responsabilité commence au sommet", a critiqué le sénateur du Texas Ted Cruz sur NBC. "Cela n'a rien de positif quand un candidat présidentiel comme Donald Trump dit à ses partisans de frapper quelqu'un dans la figure". Le sénateur de Floride Marco Rubio a perdu son habituel sourire. "Ça va très mal tourner", a-t-il prévenu, en reprochant aussi aux télévisions américaines de donner trop de temps d'antenne à Donald Trump.

Vote ouvrier dans l'Ohio

Avant cette journée cruciale, les six candidats démocrates et républicains sillonnaient lundi l'Illinois, l'Ohio, le Missouri, la Caroline du Nord et la Floride, Ted Cruz et Bernie Sanders ayant programmé des réunions publiques jusqu'à 23h30 lundi soir. La Floride, l'Illinois et l'Ohio sont les plus prisés, par leur grand nombre de délégués et parce que, du côté républicain, ils attribueront la totalité de leurs délégués au vainqueur.

Donald Trump et Hillary Clinton sont les favoris en Floride, selon les sondages. Une dernière enquête publiée lundi par Quinnipiac accordait 46% des intentions de vote au milliardaire républicain, suivi de Marco Rubio (22%). Chez les démocrates, Hillary Clinton menait sur le sénateur du Vermont Bernie Sanders avec 60% des intentions de vote.

Sondages serrés pour Hillary Clinton

Chez les démocrates, l'ex-secrétaire d'Etat de Barack Obama n'avait que quelques points d'avance dans l'Ohio, pas suffisamment pour inspirer la confiance, surtout que dans le Michigan voisin, Bernie Sanders l'a emporté mardi dernier. Dans l'Illinois, où elle a passé sa jeunesse, les sondages se sont resserrés.

Le poids du vote ouvrier sera déterminant, Bernie Sanders courtisant les cols bleus avec un discours très protectionniste, très critique des accords de libre-échange signés depuis les années 1990 par les Etats-Unis.

"L'une des très grandes différences entre la secrétaire Clinton et moi est qu'elle a soutenu presque tous ces accords commerciaux, et je m'y suis vigoureusement opposé", a martelé le sénateur socialiste démocrate lors d'un forum organisé par CNN dans l'Ohio dimanche. Hillary Clinton a répondu à cette menace sur sa gauche en durcissant son opposition au partenariat transpacifique signé par Barack Obama avec 11 pays de la région Asie-Pacifique.

"Nous n'allons plus rester à la merci des autres pays qui abusent de nos marchés", a-t-elle promis samedi.

la rédaction avec AFP