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Faut-il intervenir en Syrie ?

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Après le décès de deux journalistes en Syrie, la communauté internationale est sous le choc et certains appellent à une intervention de l’Otan. D’autres estiment qu’il est « trop tard »… Et vous, qu’en pensez-vous ?

L'Américaine Marie Colvin, 56 ans, grand reporter pour le Sunday Times, et le Français Rémi Ochlik, 28 ans, photographe à l'agence IP3 Press, ont péri dans la nuit de mardi à mercredi à Homs, dans le bombardement d'un appartement transformé en "centre de presse" par les journalistes. Le 11 janvier, le grand reporter français Gilles Jacquier avait été le premier journaliste occidental tué en Syrie depuis le début de la révolte populaire contre le régime de Bachar al-Assad il y a dix mois. A Paris comme à Londres, les ambassadeurs de Syrie ont été convoqués. La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a condamné "dans les termes les plus fermes" les "crimes" que représentent les décès de deux journalistes. Le président russe Dmitri Medvedev et son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad, eux, se sont prononcés contre toute ingérence en Syrie.

« C’est de la non-assistance à personnes en danger »

Faut-il intervenir dans ce pays ? Pour Lama Atassi, figure de l’opposition syrienne en exil en France et présidente de "France/Syrie démocratie", ça ne fait pas de doute : « Nous n’avons pas le choix. Ça peut être : aider les Syriens à s’armer, leur permettre de faire passer les aides humanitaires, et en dernier lieu des frappes ciblées, avec l’accord de l’Otan. Quand on voit les enfants coupés en morceaux… c’est quand même de l’ordre de la communauté internationale de prendre position. C’est de la non-assistance à personnes en danger que de ne pas venir en aide au peuple syrien ».

« Toute intervention arriverait trop tard »

De son côté, le politologue Bassam Tahhan, spécialiste du monde arabo-musulman, « condamne toute intervention. A mon sens, explique-t-il, elle arriverait trop tard. Si l’Otan intervient en Syrie c’est en faveur de la démocratie et non pas pour renforcer le nouveau sanctuaire d’Al-Qaïda que devient la Syrie. Ce n’est pas l’opposition syrienne qui commande ce qui se passe aujourd’hui en Syrie ; depuis à peu près 3 mois, les groupes islamistes d’Irak s’y donnent rendez-vous ».

La Rédaction, avec Jamila Zeghoudi