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Ukraine: "Il faut cibler les sanctions contre Ianoukovitch et son clan"

Un manifestant à Kiev, en Ukraine, jeudi 20 février.

Un manifestant à Kiev, en Ukraine, jeudi 20 février. - -

L’Union européenne envisage des sanctions ciblées contre la chaine de commandement ukrainienne, comme l’interdiction d’entrée sur le territoire ou le gel des avoirs financiers des responsables du régime.

Alors que les violences se déchaînent en Ukraine, les ministres des Affaires étrangères de l’Union Européenne doivent se réunir, jeudi en début d'après-midi à Bruxelles pour discuter des sanctions à adopter contre les responsables des violences en Ukraine.

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius s’est rendu en Ukraine, jeudi matin, avec ses homologues allemand et polonais, pour faire le point avec le président ukrainien Viktor Ianoukovitch avant cette réunion. L’idée, a expliqué le ministre jeudi matin, est de prendre des "sanctions ciblées donc personnelles" contre les responsables du régime directement impliqués dans la répression de la population. En clair, l’UE ne veut pas prendre de sanctions contre le peuple ukrainien mais contre la chaîne de commandement à Kiev.

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Identifier les responsables

L’idée est de les priver les responsables de la répression de visas d’entrée dans l’Union européenne pour les empêcher de fuir, et de geler leurs avoirs financiers. "Il faut taper au portefeuille dans ces cas-là" avait expliqué Laurent Fabius jeudi matin. "Certains responsables ukrainiens ont beaucoup d’argent placé en Europe" explique le correspondant de BFMTV à Bruxelles, Yann-Anthony Noghès. En outre, l’Union européenne pourrait mettre en place un embargo sur les exportations d’armes, pour priver le régime de moyens de réprimer les manifestations.

L’Union européenne doit maintenant identifier les responsables du régime ukrainien, établir une liste de nom: "On parle d’une vingtaine, voire d’une trentaine de noms. Parmi les questions qui se posent: faut-il inscrire le président Ianoukovitch lui-même sur cette liste?" explique Yann-Anthony Noghès. Pour Nathalie Pasternak, présidente du comité représentatif de la communauté ukrainienne en France, c'est impératif. "Je ne vois pas pourquoi il pourrait circuler librement en Europe pendant que les Ukrainiens se font tuer par centaines, sans doute, dans les prochains jours", a-t-elle expliqué sur BFMTV. Il faut selon elle imposer des sanctions à tous les ministres. "Le gouvernement n’a pas démissionné, ce qui veut dire qu’il est complice", ainsi que sur les oligarques "du clan Ianoukovith", qui "ont spolié l’Ukraine", a-t-elle fustigé.

Reste, selon Yann-Anthony Noghès, que cette option est loin de faire l’unanimité au sein de l’Union européenne, "et ce pour éviter de rompre le dialogue".

C.P.