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Migrants: la France va proposer à l'ONU la destruction des bateaux de passeurs

L'Union européenne a décidé jeudi de tripler le budget de son opération de surveillance et de sauvetage en mer Triton.

L'Union européenne a décidé jeudi de tripler le budget de son opération de surveillance et de sauvetage en mer Triton. - Yves Herman - Pool - AFP

Les dirigeants européens ont décidé jeudi de tripler les moyens alloués au sauvetage des migrants en Méditerranée, et vont chercher l'aval de l'ONU pour mener des actions militaires contre les trafiquants de Libye.

A l'occasion du sommet européen extraordinaire, qui a réuni jeudi les 28 à Bruxelles sur la question des migrants en Méditerranée, François Hollande a annoncé que la France allait proposer une résolution à l'ONU pour détruire les bateaux des trafiquants d'êtres humains. Les opérations militaires envisagées pour identifier, capturer et détruire les navires utilisés par les trafiquants avant leur départ ont en revanche posé problème.

L'UE triple son budget

Les dirigeants européens sont parvenus à s'entendre pour tripler le budget de l'opération de surveillance et de sauvetage en mer Triton, actuellement de trois millions d'euros par mois. "Nous voulons agir vite, ce qui signifie tripler les ressources financières" de cette opération, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel à l'issue du sommet après le naufrage d'un chalutier qui a fait quelque 800 morts en Méditerranée dimanche.

Triton est une opération gérée par Frontex, l'agence européenne chargée de la surveillance des frontières extérieures de l'espace Schengen, dont sont membres 22 des 28 pays de l'UE, la Norvège, la Suisse, l'Islande et le Liechtenstein.

Mais aucun accord n'a été trouvé pour élargir le champs opérationnel de la mission et permettre aux navires de Triton de sortir des eaux territoriales afin d'aller plus près de la Libye, a-t-elle indiqué. 

"Nous voulons agir vite, ce qui signifie tripler les ressources financières", a annoncé Angela Merkel

Un projet de résolution à l'ONU

Décision a été prise de chercher un mandat de l'ONU. La France et le Royaume-Uni, membres permanents du Conseil de sécurité, se sont engagés à présenter un projet de résolution, a annoncé le président François Hollande. Il en parlera dès vendredi avec le président russe Vladimir Poutine, pour vaincre les réticences de Moscou. Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi rencontrera lundi à Rome le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Une opération militaire contre les trafiquants "est compliquée, prendra du temps, imposera un mandat des Nations unies, un accord du gouvernement libyen, la mobilisation de moyens militaires et l'acceptation de pertes humaines", avertissent diplomates et experts.

Vers une "répartition" des migrants?

Le sommet s'est en revanche terminé sur un échec lors de la discussion sur le troisième volet du plan d'action: l'accueil et la prise en charge des migrants à leur arrivée.

Le plan d'action proposait aux Etats d'accueillir "au moins 5.000 personnes" ayant déjà obtenu le statut de réfugiés, dans le cadre d'un projet de réinstallation destiné aux Syriens, pour les dissuader de tenter la traversée. "Mais aucun chiffre ne figure dans la déclaration finale "parce que nous pensons que 5.000 n'est pas suffisant", a expliqué Angela Merkel. La participation a ce programme de réinstallation est volontaire, pas obligatoire.

"La France prendra sa part" en accueillant "entre 500 et 700 Syriens", a annoncé François Hollande.

La rédaction avec AFP