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Berlusconi déchu: la fin d'une ère politique, selon la presse italienne

Silvio Berlusconi le 27 novembre 2013,

Silvio Berlusconi le 27 novembre 2013, - -

REVUE DE PRESSE - Au lendemain de l'expulsion de Silvio Berlusconi du Sénat, la presse italienne apparaît divisée entre un sentiment d'"épilogue amer" et la victoire des "règles de l'Etat de droit".

L'expulsion de Silvio Berlusconi mercredi du Parlement marque la fin d'une ère politique qui aura duré 20 ans et représente un "épilogue amer" pour le Cavaliere, estiment jeudi les éditorialistes de la presse italienne.

"Nous aurions tous préféré un épilogue différent et moins amer, pour nous-même et notre dignité nationale, pour l'image que nous offrons à l'étranger", écrit Stefano Folli dans Il Sole 24-Ore, le quotidien des milieux financiers. "Il n'y a aucun doute que la journée d'hier a marqué la fin d'une saison qui a duré une vingtaine d'années et dont le principal protagoniste, en bien et en mal, a été justement l'homme dont le Sénat a décrété hier l'expulsion", ajoute Stefano Folli.

"Malédiction italienne"

Le vote de mercredi qui rend Silvio Berlusconi, 77 ans, inéligible pour six ans, est le résultat d'une loi destinée à assainir la vie politique qui prévoit l'exclusion de tout élu condamné à plus de deux ans de prison (le Cavaliere s'est vu infliger quatre ans, dont trois annulés par une amnistie, dans le procès Mediaset, ndlr).

La une du Corriere de la Sera du 28 novembre.
La une du Corriere de la Sera du 28 novembre. © -

Cette expulsion "confirme la malédiction italienne qui semble rendre impossible la fin d'une ère politique sans traumatisme et sans haine", écrit le Corriere della Sera, en allusion au départ de Bettino Craxi sous la huée de ses adversaires et son exil en Tunisie.

"De nombreux adversaires de Berlusconi sont responsables de cette fin (...) mais une forte responsabilité revient justement à lui", poursuit le Corriere. "Il peut considérer injuste autant qu'il veut sa condamnation pour fraude fiscale (...) mais il est évident qu'elle est incompatible avec une fonction publique", poursuit le quotidien, qui lui reproche de ne pas avoir offert à ses électeurs "un projet visant à garder uni le centre-droit" et leur a demandé en revanche "l'énième bataille prétorienne en défense du chef".

"Le début d'un déclin rapide"

La une de La Stampa du 28 novembre.
La une de La Stampa du 28 novembre. © -

Le journal de gauche La Repubblica se félicite en revanche du fait que "même en Italie et même pour un leader politique, carrément l'un des hommes les plus puissants des 20 dernières années, à la fin valent les règles démocratiques de l'Etat de droit et la loi se confirme égale pour tous".

"Il n'est pas acquis que la déchéance de Berlusconi corresponde à sa fin politique", souligne pour sa part la Stampa. "Mais son exclusion du Parlement le met dans des conditions précaires (...) et si ce n'est pas sa fin, c'est clairement le début d'un déclin qui pourrait être rapide", conclut le journal.

A.S. avec AFP