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Italie : peine de prison confirmée pour Berlusconi

Etant donné son âge, Sylvio Berlusconi devrait purger sa peine à domicile.

Etant donné son âge, Sylvio Berlusconi devrait purger sa peine à domicile. - -

Jeudi soir, une peine de prison de 4 ans a été confirmée en dernière instance pour Silvio Berlusconi, qui perd son titre de Cavaliere. L’ancien président du Conseil italien devrait toutefois purger sa peine à résidence.

C’était la dernière étape. Jeudi, la Cour de cassation italienne, instance ultime, a confirmé la peine de prison frappant Silvio Berlusconi dans le procès Médiaset : 4 ans de prison pour fraude fiscale dans une affaire de l'achat de droits de retransmission par son empire télévisé. C’est la première fois en 20 ans de carrière et 33 procès que le désormais ancien Cavaliere reçoit une condamnation définitive.

Berlusconi « persécuté » par les magistrats ?

Immédiatement, Silvio Berlusconi s’est dit « persécuté » par les magistrats depuis son entrée en politique il y a 20 ans et clame son innocence. L'interdiction d'occuper un poste officiel sera, elle, réexaminée par la cour d'appel dans les jours à venir. Cela permet à Silvio Berlusconi de conserver pour le moment son siège de sénateur, même s’il perd son titre d'honneur de Cavaliere.

« Privé de liberté, mais à domicile »

Mais compte tenu de son âge, 76 ans, l'ancien président du Conseil italien n’ira pas en prison. « La condamnation est confirmée à quatre ans, mais trois des quatre ans sont couverts par une amnistie. Donc il y a une condamnation résiduelle d’un an de prison », rappelle tout d’abord Alberto Toscano, journaliste italien et président du club de la presse européenne. « Berlusconi ne va pas en prison car la loi et la tradition italienne disent qu’une personne qui a plus de 70 ans ne va pas en prison. A cet âge-là, on reste privé de liberté, mais à domicile », ajoute le journaliste.

« Une longue période d’instabilité dans les mois qui viennent »

La décision de la justice n’est pas sans impact non plus sur la vie politique italienne. Le gouvernement Letta, gouvernement de coalition entre le parti démocrate de gauche et le parti de Berlusconi, risque d'en pâtir. « Berlusconi est leader d’un des principaux partis italiens qui soutient le gouvernement de coalition, déjà soutenu par le parti démocrate et les centristes », rappelle Fabio Liberti, spécialiste de l’Italie et directeur de recherche à l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques). « Or, il faudra que ces partis décident s’ils veulent bien continuer à soutenir un gouvernement avec un leader politique condamné à une peine de prison définitive, ce qui est très très grave. Donc encore une fois, l’Italie risque de vivre une longue période d’instabilité dans les mois qui viennent ».

M. Chaillot avec C. Maestracci et M. Auvillain.